Des heures de plaisir avec la bureaucratie # 1: avant de partir
Vous savez que j'adore les emmerdes aministratives. Elles me donnent l'impression d'être, you know, vraiment en vie.
J'ai comme le sentiment que je n'ai rien vu, à date - d'où le titre de cet article, laissant présager une probable continuité.
Pour avoir son visa, on doit aller au Consulat de France et s'y présenter avec assez de papier pour arracher une larme à Richard Desjardins. Deux copies du formulaire de visa, trois photos (dont deux collées sur le formulaire en question - du ruban gommé, ça ne compte pas), un original et une copie de la lettre d'admission de l'université d'accueil, un original et une copie du certificat de garantie financière, un original et une copie de la lettre de bourse, un original et une copie du passeport, et un original et une copie d'un formulaire SG-401-Q, soit l'entente entre la RAMQ et le gouvernement français qui veut dire que si je me pète la gueule alors que je visite le noble pays de mes ancètres, l'État québécois va me rembourser mes frais médicaux.
J'avais oublié de remplir ce papier-là.
J'me suis kické, fort et longtemps: il ne suffit pas que je remplisse ce formulaire gentiment, sur la table de la salle d'attente. Non. Il doit être en partie rempli par un représentant de l'Université, puis par quelqu'un de la RAMQ. Je me suis donc rendu à l'Université.
Après avoir attendu une demi-heure que la seule personne habilitée à signer ce papier ait terminé son téléphone ("Ça devrait pas être bien bien long, il doit sortir au plus tard pour midi, c'est là qu'on va dîner", dixit la secrétaire à 11h25). Il sort à 11h50, et me signe mon papier.
J'arrive au métro pour me rendre compte que je n'ai pas vraiment le temps de me rendre à la RAMQ (métro Place-des-Arts) et de revenir à temps pour faire mon émission de radio (feu Pète Pis Répète, RIP). Je décide donc de me reprendre le lendemain.
J'arrive très tôt à la RAMQ, et j'y passe rapidement. En fait, relativement rapidement: n'oublions pas qu'il s'agit ici de fonctionnaires provinciaux. Il n'y a eu le temps que pour une ou deux glaciations avant que mon numéro soit appelé. J'enlève de mes membres les millions de fils d'araignée qui s'y sont pris et je me dirige hardiment vers le cubicule 147. On me signe le papier. Rien à signaler ici, je me sens prêt à de nouvelles aventures.
Arrivé au consulat, après moult confusion par rapport à laquelle des salles d'attente je devais occuper, je finis par être rencontré par le mec en charge du Service Culturel. Je n'ai toujours pas su découvrir de quel niveau de culture ce service relève, car son job est de vérifier si j'ai tous les papiers nécessaires, de les cocher et d'imprimer une petite feuille disant 'OK' afin de me retourner dans la même salle d'attente, pour voir la demoiselle qui me fera mon visa, pour vrai.
Mémo: les chaises de salles d'attente, en France, sont absolument inconfortables, quoique très design.
La demoiselle arrive, elle a l'air sympathique. Je la suis dans son bureau.
Mémo: les fonctionnaires françaises ont peut-être l'air sympathique jusqu'à ce qu'elles arrivent dans leur bureau. Elles deviennent alors rien de mieux que des hyènes affamées en SPM.
Elle possède un bureau en coin, au vingt-sixième étage de la Place Ville-Marie. En entrant, je dis "Hé... vous avez une belle vue, d'ici..." Sa réponse? "C'est c'qu'on dit." Ça va être le fun.
Finalement, elle réussit à trouver ce sur quoi elle va s'accrocher pour me faire passer un mauvais quart d'heure. Je n'ai pas reçu d'original de ma lettre d'acceptation: seulement un PDF.
"Ce n'est pas un original, ça", me dit-elle. Après dix bonnes minutes d'argumentation, elle me lance "Écoutez, vous manquez vraiment de sérieux, c'est un processus administratif extrêmement sérieux et important, et vous m'arrivez avec ÇA? Plus vous argumentez, plus j'ai le goût de simplement vous refuser le visa."
Le téléphone sonne.
Après quinze minutes, elle raccroche et se met à l'ouvrage. On croirait qu'elle a complètement oublié notre conversation d'il y a quelques minutes. Elle me renvoie dans la salle d'attente, où je reçois finalement mon passeport, avec le visa à l'intérieur.
J'ai battu la bureaucratie.
tu ne m'écoutes pas quand je parle