14 octobre 2006

Mes cours, à date

Une autre semaine plus relaxe, afin de pouvoir se rattraper de ce weekend de fou. Encore un lunch avec Nad mercredi, toujours follement agréable. Les cours se dessinent, et je crois qu’il est à peu près temps de faire une mise à jour.

On ira dans l’ordre chronologique.

Mardi après-midi, le cours de Roman policier est follement intéressant : la prof est vraiment une passionnée de son sujet, elle sait recommander une dizaine de romans par cours, sachant qu’ils vont intéresser tel ou tel étudiant selon ses réactions en classe. Dommage qu’on n’analysera pas un roman complet, et que le cours ne dure que quatre-vingt-dix minutes. C’est beaucoup trop court, et on n’a pas vraiment le temps d’entrer réellement dans le sujet.

Mercredi matin, le roman de l’écrivain est vraiment agréable : la chargée de cours est une doctorante (sur Proust, beuhh) mais elle a vraiment travaillé intimement sa matière, et ça paraît. Le cours est structuré, on sait très bien où on s’en va. Le seul problème en est-un de planning, comme ils disent. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais au premier cours, un mec a interrompu ma prof à 11h40 pour lui dire qu’il fallait qu’elle quitte la classe, vu qu’un autre cours commençait à 11h30. Eh ben c’est pas réglé, tout ça. Imaginez-vous donc qu’à chaque cours, vers 11h10, la prof fait une pause-déménagement, et nous nous retrouvons tous un étage plus haut, dans la salle de réunion du département, afin de poursuivre le cours. Le problème est que la salle de réunion est construite, aussi étrange que ça puisse paraître, pour accueillir des réunions : les bureaux sont agencés en arène, en carré, avec un grand trou dans le milieu. Résultat : il n’y a pas assez de place pour tout le monde, il faut aller chiper des chaises dans les autres classes à l’entour, et écrire sur ses genoux si on est pas arrivés à temps pour avoir accès à la table. Terrible. La prof s’excuse à chaque cours, surtout auprès des étudiants étrangers, pour la mauvaise image que ça projette de Paris-III. Tough luck, ça se retrouve sur le blogue.

Mercredi après-midi, ça devient pénible. Vraiment. Pouvoirs de la fiction est un titre vide, qui permet au prof de dire n’importe quoi et de s’en tirer avec un semblant de pertinence. Non content de déblatérer sur des sujets absolument sans intérêt, il fait aussi des erreurs factuelles monstrueuses pour un prof de littérature : je me suis permis de le corriger quand il a dit que Mallarmé pour montrer le pouvoir du langage a décidé d’écrire un sonnet dont toutes les rimes seraient en –yx, et qu’il a donc dû inventer plusieurs mots afin de réussir ces 14 rimes quasi-impossibles. Désolé : Mallarmé n'a pas du tout fait ça pour montrer le pouvoir de la langue, mais bien pour épurer au maximum sa poésie et arriver à une incapacité de faire sens, à un degré zéro de l’interprétation, si on veut; toutes les rimes ne sont pas en –yx, simplement parce qu’un sonnet a besoin de rimes féminines et masculines : le sonnet en –yx est aussi en –ore; le poète a donc dû trouver seulement six rimes en –yx, pour huit en –ore. Je reproduis ici, à l’usage des futurs professeurs de littérature comparée qui voudraient vérifier avant d’avoir l’air cons devant leurs étudiants qui, eux, auraient lu Mallarmé alors qu’il semble que ce ne soit que facultatif pour enseigner, le sonnet original de Mallarmé.

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L'Angoisse, ce minuit, soutient lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore.

Sur les crédences, au salon vide: nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore).

Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,

Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.
'Fait plaisir.

Jeudi matin, cours sur les genres au cinéma. Non seulement on voit seulement deux des cinq genres supposés être vus (les autres le seront au second semestre du cours), mais en plus la prof fait là aussi des erreurs factuelles troublantes: la nuit américaine (méthode de tournage utilisée beaucoup pour les films noirs, par exemple) n'a pas été inventée aux États-Unis, et cette technique est complètement différente que ce qu'elle a expliqué. Elle s'emmèle dans les noms de réalisateurs, et a beaucoup de difficulté à manier une manette de DVD, au point de demander aux étudiants de le faire pour elle. Heureusement, le cours ne dure qu'une heure trente.

Jeudi soir c'est le cours de Littérature et photographie, un pur bonheur. Une prof calée qui adore sa matière et qui sait très bien expliquer les concepts techniques nécessaires à la compréhension des oeuvres étudiées. Je ne pensais pas qu'il était possible d'analyser une photo comme on analyse un texte, mais c'est vraiment très, très chouette. Cette fois-ci, une heure trente n'est vraiment pas assez.

Vendredi matin, c'est le cours sur l'épisode de Circé dans l'Odyssée d'Homère et ses multiples réécritures et commentaires tout au long de l'Histoire. Voilà un cours incroyablement intéressant, avec une prof helléniste qui, elle aussi, connaît sa matière sur le bout de ses doigts. Un enseignement stimulant, éclairant, structuré: hourra.

Comme toute bonne chose a son côté obscur, il était évidemment physiquement impossible que mon cours du vendredi soit agréable. Le fantastique: Pouchkine et Mérimée aurait pu être très intéressant. Malheureusement, comme le prof est russe, il se permet de citer dans le texte des passages en Russe (d'oeuvres au programme ou d'autres), comme si cela pouvait nous éclairer d'une quelconque manière. Préférant partir sur des digressions incompréhensibles sur la mythologie suédoise et nous poser des questions "examen-de-lecture-à-l'école-secondaire" plutôt que de nous enseigner véritablement la matière, il profite aussi des exposés oraux des étudiants pour les interrompre à tout moment: en moyenne, cinq interruptions par exposé. Terrible.

Vous trouvez que j'y vais fort? Ici, il ne semble pas y avoir de mécanisme d'évaluation de l'enseignement. Si un des profs tombe un jour sur cet article, il saura au moins l'opinion d'un étudiant.

overhead the albatross hangs motionless upon the air

09 octobre 2006

Quand l'Histoire rencontre l'Art

Dimanche, 17h. Je retourne chasser l'art contemporain. La Nuit Blanche est peut-être terminée à Paris, mais le château de Versailles a prolongé sa programmation nuitblanchesque jusqu'à dimanche. Joie et bonheur.

Je rencontre Phil, deux autres québécois et deux allemands, et nous prenons le RER en direction du Palais.

Malheureusement, après les splendeurs de la BnF hier, il nous est difficile de s'extasier devant un plan d'eau sur lequel est projetée une horloge digitale, dont les chiffres, à chaque minute et au son d'un gong, deviennent flous. Nous nous sommes même mis à scander le traditionnel décompte jour-de-l'an quand il était sur le point d'être 22h. Désolé pour le manque de respect envers l'artiste, mais quand une oeuvre est insignifiante, il faut bien en parler. De même pour les poulets en chocolat qui fondent sous les projecteurs.

Par contre, peindre des carrés bleus sur la grande galerie de l'Orangerie, c'était plutôt bien songé. Remarquez: il ne s'agit pas de simplement peindre des carrés sur les murs: les formes ont été projetées d'un côté de la galerie avant d'être peintes, pour que les visiteurs qui arrivent dans la galerie soient présentés à un quadrillé parfait malgré la perspective.

Aussi réussie, la fontaine de l'Orangerie parfumée à l'oranger, et teinte d'un orange fluo rehaussé par des spots ultraviolets. Bien joué.

Vers 23h, nous quittons Versailles, vers un repos bien mérité. La visite a été bien, mais absolument incomparable à ce que nous avons vu hier. Enfin: Versailles reste Versailles, un univers majestueux et faste, que je devrai revisiter avant mon départ.

j'ai appliqué la nitro sur la pâte filo

08 octobre 2006

Si la nuit porte conseil, la Nuit Blanche est la meilleure conseillère

NOTE: J'ai pris 1 gig et quart de photos, mais je n'ai pas eu le temps de photoshopper correctement tout ça encore, alors il va falloir attendre pour les photos. Contentez-vous du compte-rendu d'ici là.

Chaque année, le samedi de la première fin de semaine d'Octobre se tient à Paris la Nuit Blanche, phénomène hautement intéressant où des installations artistiques sont saupoudrées un peu partout dans Paris, une ligne de métro et une ligne de RER restent ouvertes toute la nuit, les restos ouvrent eux aussi jusqu'à 7h du matin, et tout le monde est invité à se promener, à découvrir l'art contemporain en voyant une autre facette de la ville, celle que les noctambules connaissent très bien mais que la majorité des gens ignorent complètement.

19h30: Paré de ma caméra ainsi que de ma caméra vidéo, de mon trépied, d'un chandail chaud et de toute ma volonté, je quitte l'appart, direction le quartier du Marais, où une importante quantité de happenings sont organisés. Je laisse quelques messages à Phil, qui devait m'accompagner dans mon périple, mais il ne rappelle pas.

20h15: Arrivé au Marais, je trouve l'endroit où on distribue les guides pour la soirée. Il y a un groupe qui joue du prog-rock juché sur une plate-forme devant l'Hôtel de Ville de Paris. Chouette. Il se passe quelque chose à l'intérieur, mais une file d'attente d'une heure me décourage d'aller voir. Je mets donc le cap vers l'intérieur du quartier, histoire de découvrir des choses.

21h: Mon téléphone sonne, c'est Phil. Il vient de prendre mes messages, et me dit qu'il a rendez-vous avec d'autres gens de la Maison Universitaire Canadienne, qui vont explorer la Nuit Blanche eux aussi. Je lui dis que je suis déjà dans le quartier du Marais et que (à ce moment, je lève les yeux) holy shit présentement il y a un dude, debout sur la tête d'un autre dude, juché sur le coin du toit d'un édifice de quatre étages, habillé en rose, en train de tourner sur lui-même. Ça s'annonce weird et intéressant, comme soirée. Il va me rappeler.

21h40: Je viens de visiter une église dans laquelle quelqu'un a mis une maquette de Paris en chandelles décoratives, qu'il a toutes allumées: résultat, Paris brûle, lentement, et fond sur une grande table de bois. Sorti de là, je trouve une cour intérieure où un artiste a suspendu un giganesque collier de perles (une bonne quinzaine de mètres de haut) au-dessus d'une petite fontaine. Puis, je me rends à une autre cour intérieure d'un hôtel particulier, où on a enlignées en quadrilatère une quarantaine de paires de chaussures en bronze, chaussures qui contiennent chacune une chandelle allumée. Je ne comprends pas tout à fait la signification, mais bon.

C'est à ce moment que mon téléphone re-sonne: Phil me donne rendez-vous dans une heure aux Champs-Élysées. Je finis de me promener dans le Marais, je me ramasse une petite bouffe rapide, je pousse la visite jusque sur l'île Saint-Louis, puis je saute dans le métro pour rejoindre Mister Kham.

22h45: Arrivé au métro Champs-Élysées-Clémenceau. J'attends The Phil.

23h05: The Phil arrive. On sort, on ramasse un autre programme pour lui. On prend quelques photos, mais il me dit qu'il a rendez-vous avec d'autres gens au Drugstore Publicis à 23h30... il faut se grouiller.

23h32: Devant le Drugstore. L'attente commence.

23h45: On décide d'aller faire un petit tour en dedans, histoire d'acheter de quoi se désaltérer. Je l'initie au Coca-Cola Blak. On a l'air un peu caves parce qu'on achète nos bouteilles, on ressort et on se rend compte qu'on a pas de débouche, et qu'elles ne sont pas dévisse, alors on est retournés à l'intérieur demander au caissier si il avait un "décapsuleur" (Phil sort les gros mots).

Nous retournons dehors pour déguster notre Blak: incroyable saveur qui, j'ai entendu dire, est maintenant disponible au Québec. Courez, mortels, vous en acheter.

00h30: Toujours personne. On décide de partir à l'assaut de la ville, après avoir acheté une bouteille de vin, du Super Bojo!, point d'exclamation inclus.

J'ai un conseil pour vous: si un Beaujolais s'appelle Super Bojo!, avec un petit dessin d'un super-héros sur la bouteille, tenez vous très, très loin.

Intelligents comme nous sommes, nous demandons au caissier de retirer le bouchon. Futés, non? (C'est tout à fait légal de boire de l'alcool dans les rues et les parcs, ici, pas besoin de se cacher.)

Ainsi armés, nous arrêtons au Quick pour se rassasier, pour descendre les Champs Élysées jusqu'à la place de la Concorde, dont l'obélisque est éclairée en International Klein Blue.

En chemin, il y a plusieurs oeuvres d'installées ici et là: au Grand Palais, un artiste a déposé quelques milliers de bonbons à la menthe enrobés de papier d'aluminium, dans une installation théoriquement interactive, c'est-à-dire que, selon l'artiste, les visiteurs, en ramassant un des bonbons et en le mangeant, participeraient à la fois à l'oeuvre et à sa destruction. Le résultat a été que les premiers visiteurs ont fait une bataille de bonbons, et que la grande majorité de ceux-ci a été piétinée. J'ai réussi à trouver un recoin où certains demeuraient intacts.

L'art contemporain, ça goûte la menthe.

Un peu plus loin sur les Champs, un artiste a installé une trentaine de gros moutons sculptés dans la glace. L'idée était aussi de voir les sculptures fondre au courant de la nuit - la lente destruction des oeuvres semblait un thème tout au long de la soirée.

Après avoir atteint la place de la Concorde et photographié l'obélisque pendant quelques minutes, nous avons marché pour se rendre aux Invalides, histoire de prendre le RER pour se rendre dans le coin de Bercy, où d'autres installations nous attendaient. La bouteille de Super Bojo! terminée en route, nous décidons de bifurquer vers chez moi, où une bouteille de porto nous attend. De bons moments à marcher dans la ville, à écouter de la musique sur mes haut-parleurs (Malajube, The Dears, Arcade Fire), et à jaser de tout et de rien. Flashback Montréal, tout va bien.

Après l'arrêt aux puits de ravitaillement porto, nous remarchons vers la gare de RER des Invalides, que nous ne trouvons pas. Nous marchons donc jusqu'à la prochaine gare, celle du Musée d'Orsay, que nous trouvons facilement. Nous entrons, et voyons que le train vient de passer. Vingt minutes d'attente, très peu pour nous. De plus, le Super Bojo! vient de descendre; nous décidons de marcher vers le métro dont la ligne 14 avait été gardée en fonction pendant toute la nuit. À la sortie de la gare de RER, je trouve un petit coin histoire de me soulager, assez discrètement: je n'ai cessé, au cours des dernières minutes, de dire à Philippe que ce serait vraiment trop bête de se faire arrêter pour grossière indécence.

Évidemment, il suffisait que je paranoïe à ce sujet pour voir arriver dans mon dos une fourgonnette remplie de policiers, qui se stationne à deux mètres de moi et qui dévide ses huit policiers en cinq secondes. Un autre grand moment.

Fast-forward à notre arrivée à Bercy: dans le parc, nous voyons un petit village de maisons de toile blanche, éclairées de l'intérieur. Ça donne un effet vraiment particulier, un peu fantômatique. Très réussi. Un peu plus loin, un grand écran est installé, sur lequel est projetée une paire de lèvres de femme, qui chante des chansons d'amour; autour de l'écran sont installés quatre ou cinq micros, et tout le monde est invité à chanter: l'artiste appelait ceci un karaoké collectif. Mais la grande star de la soirée aura été la Bibliothèque nationale Française, où une scène féérique attendait les visiteurs: une gigantesque échelle de corde avait été suspendue entre les quatre édifices qui composent l'institution, et des spots projetaient l'ombre de l'échelle sur les buildings pendant que le jardin, plus bas, était éclairé de lumières bleues. C'était surréaliste et fantastique.

Nous avons repris le métro jusqu'au centre de Paris, croisé sur notre trajet Notre-Dame au lever du soleil, pris quelques chouettes photos et attendu que les cafés ouvrent leurs portes à 8h pour bruncher. À 10h du mat, je retourne chez nous, heureux et avec deux cartes-mémoire pleines.

and under the bows unbowed

07 octobre 2006

Les semaines se suivent et se ressemblent, mais Placebo ne vient qu'une fois dans l'année, un peu comme Noël

Une autre fin de semaine à relaxer, à lire et à étudier... Je fais le test de chronométrage jusqu'aux Invalides, cette fois-ci: 15 minutes et des poussières. Franchement, j'aime ma situation.

L'évier de la cuisine est complètement bouché; une bonne bouteille de Drano plus tard, et c'est réglé; l'appart sent les produits chimiques comme c'est pas possible, mais à part devenir complètement aveugle, je ne pense pas avoir eu de séquelles tenaces.

Mardi soir, j'ai le bonheur d'assister au concert de Placebo à Bercy, la Grande Salle de spectacles à Paris. (En fait, c'est un peu plus gros que le Centre Bell. Pour une ville qui a la population complète du Québec, je m'attendais à plus big.) À l'entrée, ils distribuent des flyers annonçant la première partie du spectacle, ce que je ne savais pas d'avance. Il s'agit d'Émilie Simon, personne dont les quelques pièces que j'ai entendues ne m'ont vraiment pas allumé, bien au contraire.

Surprise, elle est extrêmement bonne en concert, si bien que je me suis surpris à taper du pied et à hocher la tête sur quelques unes de ses chansons, notamment sa très bonne reprise de I Wanna Be Your Dog de Iggy Pop.

Placebo ont rocké la place, très fort. Brian Molko a l'air beaucoup moins androgyne depuis qu'il s'est rasé la tête, par contre, mais ils ont vraiment fait un bon spectacle: ils ont presque tout joué l'album Meds, et ils ont fait tous leurs succès du passé (Every You Every Me, Special K, etc..) SAUF Pure Morning, qui a étrangement été laissée de côté... c'est pas leur plus gros hit, ça? Enfin.

Mercredi, bouffe avec Nad encore, cette fois, on se paye l'Hippopotamus. C'est le bonheur. Le reste de la semaine se déroule tranquillement, mais la fin de semaine s'annonce porteuse de joie: ce sera la Nuit Blanche 2006.

instead of stressed, i lie here charmed