Air Transat TS 411 CDG-YUL
Il est 5h41. Paris dort encore. Le soleil ne se pointe même pas le bout du nez, mais je suis debout. Cette journée sera longue, très longue.
Mesdames et messieurs, chers collègues, I'm coming back.
je rentre à la maison
Parti étudier à Paris, notre héros se laisse aller à des divaguations, les écrit, et les met à la disposition du monde afin d'éduquer, de renseigner et de douloureusement lasser ses lecteurs.
Il est 5h41. Paris dort encore. Le soleil ne se pointe même pas le bout du nez, mais je suis debout. Cette journée sera longue, très longue.
Mesdames et messieurs, chers collègues, I'm coming back.
je rentre à la maison
Écrit par
Éric
à5:41 a.m.
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Catégoriesà paris,appart,avant le départ,avion
Je me rappelle la dernière fois que j'ai passé la veille de Noël devant mon écran d'ordinateur.
Je devais avoir treize ans, et ma mère (qui est infirmière), avait été appelée à l'hôpital pour une urgence vers le début de la soirée. Mes grands-parents partaient déjà en Floride pour passer l'hiver en ce temps-là, alors je me suis retrouvé à ne pas trop savoir quoi faire en attendant son retour.
Comme un bon petit geek, je me suis tourné vers mon ordi (pour ceux qui gardent le compte, c'était un 486) et j'ai parti un jeu que j'avais déjà fini. Après un temps, je me suis lassé et j'ai plutôt décider d'aller explorer les portions inconnues de DOS.
Pour faire une histoire courte, j'ai passé la soirée du 24 à regarder Defrag rouler. Éventuellement, je me suis rendu à la messe de "minuit" (qui était, je crois, vers 22h), parce que j'en avais un peu marre de regarder mon ordi rouler sans moi et qu'on avait prévu d'y aller de toute manière.
Ma mère est arrivée pas très longtemps après que je sois revenu de l'église, alors nous avons pu finir la soirée.
Cette année, je passe encore le 24 décembre devant mon PC. Ah oui, certes, j'irai me promener un peu partout dans Paris - mais je sais que la soirée va se terminer en compagnie de mon ordi. Avant d'aller marcher dans la ville un peu, je vais prendre cinq minutes pour partir le Defrag de Windows - il y a bien des choses qui ont changé depuis ce temps, et d'autres qui reviennent comme avant. Il y a treize ans, j'avais treize ans, et je passais Noël à regarder mon ordi rouler. Ce soir, je vais selon toute vraisemblance passer Noël à regarder des films sur mon écran. Le résultat, cependant, demeure le même.
J'aimerais cent fois mieux passer cette journée et cette soirée avec vous.
(EDIT: Il est maintenant minuit, et j'ai passé mon réveillon de Noël à regarder le hockey puis The Big Lebowski. Résultat, on s'amuse comme on peut: une gorgée de Heineken à chaque fois que le mot 'fuck' est dit dans le film. Peut-être que the Dude est le meilleur compagnon de réveillon que j'aurais pu souhaiter dans les circonstances.)
everyone together, the chorus! (muffled sounds)
Écrit par
Éric
à11:23 a.m.
Catégoriesà paris
Mes notes sont presque toutes rentrées, et la moyenne est satisfaisante.
Par contre, le temps des fêtes est arrivé, et mon Dieu que ça ne paraît pas ici. Ils ont installé des sapins coupés sur les Champs Élysées, en mettant de la fausse neige partout, incluant une belle couche de ouate par terre pour simuler de la neige.
C'est un peu triste, mais bel effort.
Joyeux Noël à tous, prenez bien soin de vous. Je vous voit bientôt, tout le monde.
since it's christmas let's be glad even if your life's been bad
Écrit par
Éric
à5:39 p.m.
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Catégoriesà paris,spleen,tourisme,université
Bon. J'suis en vacances. C'est cool.
Mais c'est cher. Pour citer Mathieu, qui me donnait sa raison pour ne pas se réveiller à 10h du mat': "Quand on dort, on dépense pas."
Exact.
Entre temps, on s'amuse bien - on filme des trucs, on prend des photos (que vous verrez bientôt) et on se couche à des heures impossibles après avoir bu de l'absinthe. Hourra.
Je vous souligne rapidement que la nouvelle chanson d'Arcade Fire m'a fait exploser la tête de bonheur trois fois à date aujourd'hui. J'y retourne à l'instant.
Plus de détails bientôt.
every little spark of friendship and love will die without a home
Écrit par
Éric
à4:24 p.m.
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Catégoriesà paris,appart,bière,clopes,photos,tourisme,université
Vendredi passé, je me suis fait chier dessus par un pigeon. Il n'a atteint que mon sac, mais disons que je m'en serais passé.
Hier soir, souper payé par Paris-III pour les étudiants canadiens et les étudiants de Paris-III qui veulent aller au Canada pour étudier; super bon resto, le tartare de boeuf était délicieux. Après souper, quelques uns de nous sommes sortis prendre une bière (non pas "une bière" comme dans "trois ou quatre bières, mais raisonnables"; "une bière" comme dans "UNE bière") dans le coin du Châtelet. J'ai attendu vingt-cinq minutes mon autobus de nuit pour qu'il me ramène à dix minutes d'ici à pied (c'est le plus près qu'il vient, apparence), sous la pluie. Après deux arrêts, le bus tombe en panne, et nous devons évacuer. Résultat, une heure de marche.
Quelle belle fin de session. Heureusement, je suis à 7 pages d'être en vacances. Courage.
city of lights coming down over me
Écrit par
Éric
à2:50 p.m.
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Catégoriesà paris,bière,bouffe,emmerdes,université
Je remplis ma promesse: voilà des nouvelles.
Fin de session, rush intense. Arrivée d'un visiteur, qui part à Lyon jeudi - entre temps, idées de films, absinthe, marche, plaisir.
Retour dudit visiteur mardi: tournage, bouffe, re-absinthe et joie.
we'll fill our mouths with cinnamon now
Écrit par
Éric
à1:01 a.m.
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Catégoriesà paris,bière,bouffe,clopes,photos,tourisme,université
Si je n’ai rien écrit ici depuis un bout de temps, c’est que je n’ai simplement été que bien trop négligent. Je m'en excuse, et pour me faire pardonner je vous assomme sous cette masse de texte.
Faisons un retour rapide. Je vous ai laissés le 14 octobre. Ce week-end-là, il y eut fête chez Philippe, dans la maison Heinrich-Heine, la maison de l’Allemagne à la Cité-U. Nous étions, je crois, huit, dont cinq québécois, à boire un peu de vin et manger les merveilleuses patates à la Phil dans la cuisine du premier étage (chaque étage est composé de plusieurs chambres et d’une cuisine commune). L’occasion se présenta de faire connaître aux allemands et français présents le magnum opus du cinéma québécois, et je veux ici parler, évidemment, de Courir sur l’autoroute, qui a obtenu un franc succès. Que je sache, il s’agit ici du premier visionnement international de cette œuvre. Heureux de répandre la bonne nouvelle.
Le mercredi suivant, réception chez le délégué général du Québec à Paris, dans sa somptueuse résidence de l’avenue Foch. J’ai eu la surprise de ma vie quand ils ont passé, après quelques petits canapés au foie-gras ou au caviar, apparaît entre mes mains un petit verre à shot, contenant ce qui semble être une purée de framboise, couronnée de crème fouettée. Je n’avais pas remarqué le persil sur le dessus avant de tremper ma cuiller dans cette mixture, qui s’est avérée être un gaspacho de betterave garni de fromage de chèvre.
Pour ceux qui n’y étaient pas, je relate ici une anecdote qui n’a presque rien à voir avec cette histoire, sinon que le résultat a été le même : il était une fois un jeune homme (appelons-le, disons, Émile, tiens) qui, dans un bar, vers la fin de la soirée, s’amusait à boire les verres de bière des autres. Malheureusement pour « Émile », ses comparses de fin de soirée avaient vidé le jus et l’huile restants dans les bols d’olive consommés au cours de la fête dans un des verres présents sur la table… Vous voyez le tableau : « Émile » s’est valeureusement saisi du verre en question et, malgré les protestations trop lentes de ses collègues, en a bu une grande lampée. Instantanément, son visage s’est crispé de surprise à tel point que ses sourcils, ses yeux, son nez et sa bouche se sont retrouvés en une telle position qu’ils n’occupaient plus qu’un espace de cinq centimètres sur trois.
Vous me voyez, alors que j’attends une purée de framboises à la crème fouettée, prendre une franche bouchée de soupe de betterave au chèvre, dans une salle de réception où les tapis sont plus épais que la chevelure de Jean Charest et les boiseries plus travaillées que le visage de Cher.
J’ai une contenance de fer.
La semaine suivante, je reçois de la grande visite à Paris, et je profite de l’occasion pour jouer au guide touristique et faire découvrir les joies de la ville. Semaine extrêmement agréable, évidemment. Je profite de l’occasion pour aller un peu au théâtre : Jean Reno, dans Les grandes occasions, montre qu’il est un très, très bon acteur, et la pièce est très bien écrite, très bien mise en scène. Un vrai divertissement. L’autre pièce vue était La dernière nuit de Marie Stuart, mettant en vedette Isabelle Adjani. Pièce peu commune, d’une mise en scène difficile d’accès, le jeu des acteurs pourrait facilement, à un public habitué au TNM ou à Duceppe, sembler surfait. Heureusement, honnêtement, que j’avais suivi un cours de dramaturgie moderne qui m’a préparé à voir cette pièce, car, sinon, je dois dire que j’aurais très probablement trouvée la pièce franchement moyenne.
Semaine de bonne bouffe, de bonne compagnie, de bon divertissement et de joyeux tourisme, donc.
Nous voilà rendus au 30 octobre, date où les Dears débarquent à Paris. Vous connaissez sûrement mon affection pour ce groupe qui, je le crois, est probablement la meilleure exportation musicale montréalaise… et qui mériterait franchement quelques disques platine pour leurs fabuleux albums. Je les avais vus au Festival de Jazz cet été, et j’avais passé une excellente soirée, malgré les commentaires des gens qui avaient déjà assisté à un concert précédent, qui m’avaient dit que leur prestation était, franchement, moyenne.
J’eus l’occasion de voir ce qu’était véritablement une performance-étoile des Dears. Premièrement, moi et Phil sommes arrivés à la Maroquinerie, une très petite salle en sous-sol d’un bar-resto dans le quartier de Belleville, et à l’entrée de la salle, je sais déjà que nous allons passer une bonne soirée : la capacité maximale est de 340 personnes, soit environ un dixième du Métropolis.
Robert Gomez, qui assurait la première partie, nous a offert un concert acoustique chaleureux et intime, à sa grande surprise. En effet, c’était la seule fois de sa tournée où il ouvrait pour les Dears, étant habituellement attaché à Midlake, un autre groupe de l’étiquette Bella Union, qui gère les Dears en Europe. Midlake fournissait à Gomez sa section rythmique – ce qui était impossible pour cette occasion. Robert Gomez a donc dû se débrouiller avec seulement sa guitare, son claviériste et sa violoniste-choriste. Le résultat a été envoûtant.
La salle s’est cependant véritablement enflammée à l’arrivée sur scène des Dears, qui ont vraiment pris de l’assurance depuis le mois d’août avec les nouvelles pièces, et Postcard from Purgatory en rappel est un moment fort, un long jam orgiaque, avec la ligne de flûte traversière qui soutient le tout et donne forme et direction. Si vous avez aimé la version live de Pinned Together Falling Apart sur Thank You Good Night Sold Out, ne manquez surtout pas la tournée 2006-2007, Postcard va vous abasourdir.
Mais la partie, personnellement, la plus intéressante de cette soirée s’est déroulé après le concert. Pendant l’entracte, j’étais allé me procurer quelques singles afin d’étoffer ma collection dearsienne. Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre le merch-guy répondre aux questions des clients avec un accent absolument québécois. « Çâ, ça va-t-êtte çaïnq êurô ». Joie. Je saisis l’occasion pour lui jaser un brin, il est très sympathique. Je lui pose la question, à tout hasard : est-ce qu’il y aura un after-party après le show? Probablement, dit-il, « viens me voir après la fin du show, mais ce serait cool. » Re-Joie.
Évidemment, après le concert, je me pointe pour lui demander ce qu’il arrive. Il me dit que ce n’est pas tout à fait clair, mais qu’une chose est certaine, tout le monde s’en va au bar en haut pour prendre une bière avant de peut-être partir pour ailleurs. Je me dirige donc vers le bar, où je me met à discuter avec la violoniste et le claviériste de Gomez, qui arrive un peu plus tard. Des gens très sympathiques bien que texans. Eh oui, des texans sympathiques. Surprenant, n’est-ce pas?
Arrivée de Martin Pelland, bassiste extraordinaire – je me mets à lui parler. Sa tendre épouse, Valérie Jodoin-Keaton, arrive, puis le reste du groupe. Un par un, je les salue et les félicite pour leur performance, jase un peu. Éventuellement Martin me revient et nous reprenons notre discussion. Après quelques temps, il m’invite à sa table pour continuer à jaser, avec Valérie ainsi qu’un de ses vieux amis (à lui) du temps de Sorel et sa copine parisienne. Vin, Chartreuse, anecdotes, plaisir. Éventuellement, départ vers un autre bar, dans le VIe. Rendus là, autres bières, autre discussion, autres anecdotes, même plaisir, jusqu’à 3h30, où Martin déclare haut et fort que le bus part pour Amsterdam à 5h et qu’ « il n’est pas question que je parte de Paris sans manger une crêpe, ostie ». Trouver une crêperie ouverte à cette heure tient du miracle, mais un membre de la bande déclare savoir qu’un endroit près du Châtelet (donc, dans le Ier) qui est ouvert toute la nuit. Taxis, puis savoureuses crêpes. Vers 4h40, il est temps de partir.
Retour à la normale pour le mois de novembre : il n’y a rien eu de particulier à raconter pendant très longtemps, en fait jusqu’au party officiel de la Maison Allemande, où Phil m’a si gentiment convié, ainsi que quelques autres québécois. Soirée peuplée de moult, moult gin & tonics, qui s’est terminée avec le passage du premier métro.
Les cours se suivent et se ressemblent. La fin de session approchait à pas de géant; en fait, je suis maintenant en plein dedans. À ce jour, il me reste trois travaux et quatre examens. Abondance de café en perspective : la semaine passée a vu deux nuits blanches en trois jours, dont une qui est carrément ma faute.
Pour mon cours du mercredi matin, les étudiants qui le souhaitent font des exposés oraux sur des sujets prévus à l’avance et mis à l’horaire, et les autres doivent remettre des dossiers (environ dix pages) no later than la date de l’exposé (évidemment). Le cours du 22 novembre portait sur la figure du lecteur chez Italo Calvino et André Gide, et celui du 29 novembre, sur la figure de l’écrivain. Vous qui avez suivi le cours de Théories et méthodes critiques l’an passé saurez que le sujet sur le lecteur s’est déjà à moitié écrit automatiquement par le simple fait d’avoir suivi le cours sur Eco et Jauss – mais je n’avais pas vraiment de m’occuper de ça, j’avais un autre travail, plus important, pour vendredi. Mais mardi soir, un peu avant minuit, je me décide : fuck it, j’me gâte. Me voilà donc à dix heures de la remise, avec dix pages à faire. Yeah.
Bien sûr que j’ai réussi. Voyons. J’ai eu 16/20, ce qui est un score poulinesque, ici.
La même chose ou presque arrive jeudi soir, pour vendredi matin. Vendredi, après mon cours, nous célébrons le mois de la photo en allant à une expo des photographes humanistes en France dans les années 50. Cartier-Bresson et ses comparses, tout plein de belles images. Par la suite, quelques (ok, plusieurs) bières et bien de l’agrément.
Nous voilà à jour, mes frères et soeurs. Je promets solennellement que je vais vous tenir au courant plus fréquemment. J'ai aussi du photoshop à faire, je sais - ça viendra après les exams.
clearly this is my life
Écrit par
Éric
à12:36 a.m.
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Catégoriesà paris,bière,bouffe,emmerdes,mea culpa,mondanités,show,tourisme,université
Une autre semaine plus relaxe, afin de pouvoir se rattraper de ce weekend de fou. Encore un lunch avec Nad mercredi, toujours follement agréable. Les cours se dessinent, et je crois qu’il est à peu près temps de faire une mise à jour.
On ira dans l’ordre chronologique.
Mardi après-midi, le cours de Roman policier est follement intéressant : la prof est vraiment une passionnée de son sujet, elle sait recommander une dizaine de romans par cours, sachant qu’ils vont intéresser tel ou tel étudiant selon ses réactions en classe. Dommage qu’on n’analysera pas un roman complet, et que le cours ne dure que quatre-vingt-dix minutes. C’est beaucoup trop court, et on n’a pas vraiment le temps d’entrer réellement dans le sujet.
Mercredi matin, le roman de l’écrivain est vraiment agréable : la chargée de cours est une doctorante (sur Proust, beuhh) mais elle a vraiment travaillé intimement sa matière, et ça paraît. Le cours est structuré, on sait très bien où on s’en va. Le seul problème en est-un de planning, comme ils disent. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais au premier cours, un mec a interrompu ma prof à 11h40 pour lui dire qu’il fallait qu’elle quitte la classe, vu qu’un autre cours commençait à 11h30. Eh ben c’est pas réglé, tout ça. Imaginez-vous donc qu’à chaque cours, vers 11h10, la prof fait une pause-déménagement, et nous nous retrouvons tous un étage plus haut, dans la salle de réunion du département, afin de poursuivre le cours. Le problème est que la salle de réunion est construite, aussi étrange que ça puisse paraître, pour accueillir des réunions : les bureaux sont agencés en arène, en carré, avec un grand trou dans le milieu. Résultat : il n’y a pas assez de place pour tout le monde, il faut aller chiper des chaises dans les autres classes à l’entour, et écrire sur ses genoux si on est pas arrivés à temps pour avoir accès à la table. Terrible. La prof s’excuse à chaque cours, surtout auprès des étudiants étrangers, pour la mauvaise image que ça projette de Paris-III. Tough luck, ça se retrouve sur le blogue.
Mercredi après-midi, ça devient pénible. Vraiment. Pouvoirs de la fiction est un titre vide, qui permet au prof de dire n’importe quoi et de s’en tirer avec un semblant de pertinence. Non content de déblatérer sur des sujets absolument sans intérêt, il fait aussi des erreurs factuelles monstrueuses pour un prof de littérature : je me suis permis de le corriger quand il a dit que Mallarmé pour montrer le pouvoir du langage a décidé d’écrire un sonnet dont toutes les rimes seraient en –yx, et qu’il a donc dû inventer plusieurs mots afin de réussir ces 14 rimes quasi-impossibles. Désolé : Mallarmé n'a pas du tout fait ça pour montrer le pouvoir de la langue, mais bien pour épurer au maximum sa poésie et arriver à une incapacité de faire sens, à un degré zéro de l’interprétation, si on veut; toutes les rimes ne sont pas en –yx, simplement parce qu’un sonnet a besoin de rimes féminines et masculines : le sonnet en –yx est aussi en –ore; le poète a donc dû trouver seulement six rimes en –yx, pour huit en –ore. Je reproduis ici, à l’usage des futurs professeurs de littérature comparée qui voudraient vérifier avant d’avoir l’air cons devant leurs étudiants qui, eux, auraient lu Mallarmé alors qu’il semble que ce ne soit que facultatif pour enseigner, le sonnet original de Mallarmé.
Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,'Fait plaisir.
L'Angoisse, ce minuit, soutient lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore.
Sur les crédences, au salon vide: nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore).
Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,
Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.
overhead the albatross hangs motionless upon the air
Écrit par
Éric
à1:01 p.m.
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Catégoriesà paris,emmerdes,université
Dimanche, 17h. Je retourne chasser l'art contemporain. La Nuit Blanche est peut-être terminée à Paris, mais le château de Versailles a prolongé sa programmation nuitblanchesque jusqu'à dimanche. Joie et bonheur.
Je rencontre Phil, deux autres québécois et deux allemands, et nous prenons le RER en direction du Palais.
Malheureusement, après les splendeurs de la BnF hier, il nous est difficile de s'extasier devant un plan d'eau sur lequel est projetée une horloge digitale, dont les chiffres, à chaque minute et au son d'un gong, deviennent flous. Nous nous sommes même mis à scander le traditionnel décompte jour-de-l'an quand il était sur le point d'être 22h. Désolé pour le manque de respect envers l'artiste, mais quand une oeuvre est insignifiante, il faut bien en parler. De même pour les poulets en chocolat qui fondent sous les projecteurs.
Par contre, peindre des carrés bleus sur la grande galerie de l'Orangerie, c'était plutôt bien songé. Remarquez: il ne s'agit pas de simplement peindre des carrés sur les murs: les formes ont été projetées d'un côté de la galerie avant d'être peintes, pour que les visiteurs qui arrivent dans la galerie soient présentés à un quadrillé parfait malgré la perspective.
Aussi réussie, la fontaine de l'Orangerie parfumée à l'oranger, et teinte d'un orange fluo rehaussé par des spots ultraviolets. Bien joué.
Vers 23h, nous quittons Versailles, vers un repos bien mérité. La visite a été bien, mais absolument incomparable à ce que nous avons vu hier. Enfin: Versailles reste Versailles, un univers majestueux et faste, que je devrai revisiter avant mon départ.
j'ai appliqué la nitro sur la pâte filo
Écrit par
Éric
à11:50 p.m.
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NOTE: J'ai pris 1 gig et quart de photos, mais je n'ai pas eu le temps de photoshopper correctement tout ça encore, alors il va falloir attendre pour les photos. Contentez-vous du compte-rendu d'ici là.
Chaque année, le samedi de la première fin de semaine d'Octobre se tient à Paris la Nuit Blanche, phénomène hautement intéressant où des installations artistiques sont saupoudrées un peu partout dans Paris, une ligne de métro et une ligne de RER restent ouvertes toute la nuit, les restos ouvrent eux aussi jusqu'à 7h du matin, et tout le monde est invité à se promener, à découvrir l'art contemporain en voyant une autre facette de la ville, celle que les noctambules connaissent très bien mais que la majorité des gens ignorent complètement.
19h30: Paré de ma caméra ainsi que de ma caméra vidéo, de mon trépied, d'un chandail chaud et de toute ma volonté, je quitte l'appart, direction le quartier du Marais, où une importante quantité de happenings sont organisés. Je laisse quelques messages à Phil, qui devait m'accompagner dans mon périple, mais il ne rappelle pas.
20h15: Arrivé au Marais, je trouve l'endroit où on distribue les guides pour la soirée. Il y a un groupe qui joue du prog-rock juché sur une plate-forme devant l'Hôtel de Ville de Paris. Chouette. Il se passe quelque chose à l'intérieur, mais une file d'attente d'une heure me décourage d'aller voir. Je mets donc le cap vers l'intérieur du quartier, histoire de découvrir des choses.
21h: Mon téléphone sonne, c'est Phil. Il vient de prendre mes messages, et me dit qu'il a rendez-vous avec d'autres gens de la Maison Universitaire Canadienne, qui vont explorer la Nuit Blanche eux aussi. Je lui dis que je suis déjà dans le quartier du Marais et que (à ce moment, je lève les yeux) holy shit présentement il y a un dude, debout sur la tête d'un autre dude, juché sur le coin du toit d'un édifice de quatre étages, habillé en rose, en train de tourner sur lui-même. Ça s'annonce weird et intéressant, comme soirée. Il va me rappeler.
21h40: Je viens de visiter une église dans laquelle quelqu'un a mis une maquette de Paris en chandelles décoratives, qu'il a toutes allumées: résultat, Paris brûle, lentement, et fond sur une grande table de bois. Sorti de là, je trouve une cour intérieure où un artiste a suspendu un giganesque collier de perles (une bonne quinzaine de mètres de haut) au-dessus d'une petite fontaine. Puis, je me rends à une autre cour intérieure d'un hôtel particulier, où on a enlignées en quadrilatère une quarantaine de paires de chaussures en bronze, chaussures qui contiennent chacune une chandelle allumée. Je ne comprends pas tout à fait la signification, mais bon.
C'est à ce moment que mon téléphone re-sonne: Phil me donne rendez-vous dans une heure aux Champs-Élysées. Je finis de me promener dans le Marais, je me ramasse une petite bouffe rapide, je pousse la visite jusque sur l'île Saint-Louis, puis je saute dans le métro pour rejoindre Mister Kham.
22h45: Arrivé au métro Champs-Élysées-Clémenceau. J'attends The Phil.
23h05: The Phil arrive. On sort, on ramasse un autre programme pour lui. On prend quelques photos, mais il me dit qu'il a rendez-vous avec d'autres gens au Drugstore Publicis à 23h30... il faut se grouiller.
23h32: Devant le Drugstore. L'attente commence.
23h45: On décide d'aller faire un petit tour en dedans, histoire d'acheter de quoi se désaltérer. Je l'initie au Coca-Cola Blak. On a l'air un peu caves parce qu'on achète nos bouteilles, on ressort et on se rend compte qu'on a pas de débouche, et qu'elles ne sont pas dévisse, alors on est retournés à l'intérieur demander au caissier si il avait un "décapsuleur" (Phil sort les gros mots).
Nous retournons dehors pour déguster notre Blak: incroyable saveur qui, j'ai entendu dire, est maintenant disponible au Québec. Courez, mortels, vous en acheter.
00h30: Toujours personne. On décide de partir à l'assaut de la ville, après avoir acheté une bouteille de vin, du Super Bojo!, point d'exclamation inclus.
J'ai un conseil pour vous: si un Beaujolais s'appelle Super Bojo!, avec un petit dessin d'un super-héros sur la bouteille, tenez vous très, très loin.
Intelligents comme nous sommes, nous demandons au caissier de retirer le bouchon. Futés, non? (C'est tout à fait légal de boire de l'alcool dans les rues et les parcs, ici, pas besoin de se cacher.)
Ainsi armés, nous arrêtons au Quick pour se rassasier, pour descendre les Champs Élysées jusqu'à la place de la Concorde, dont l'obélisque est éclairée en International Klein Blue.
En chemin, il y a plusieurs oeuvres d'installées ici et là: au Grand Palais, un artiste a déposé quelques milliers de bonbons à la menthe enrobés de papier d'aluminium, dans une installation théoriquement interactive, c'est-à-dire que, selon l'artiste, les visiteurs, en ramassant un des bonbons et en le mangeant, participeraient à la fois à l'oeuvre et à sa destruction. Le résultat a été que les premiers visiteurs ont fait une bataille de bonbons, et que la grande majorité de ceux-ci a été piétinée. J'ai réussi à trouver un recoin où certains demeuraient intacts.
L'art contemporain, ça goûte la menthe.
Un peu plus loin sur les Champs, un artiste a installé une trentaine de gros moutons sculptés dans la glace. L'idée était aussi de voir les sculptures fondre au courant de la nuit - la lente destruction des oeuvres semblait un thème tout au long de la soirée.
Après avoir atteint la place de la Concorde et photographié l'obélisque pendant quelques minutes, nous avons marché pour se rendre aux Invalides, histoire de prendre le RER pour se rendre dans le coin de Bercy, où d'autres installations nous attendaient. La bouteille de Super Bojo! terminée en route, nous décidons de bifurquer vers chez moi, où une bouteille de porto nous attend. De bons moments à marcher dans la ville, à écouter de la musique sur mes haut-parleurs (Malajube, The Dears, Arcade Fire), et à jaser de tout et de rien. Flashback Montréal, tout va bien.
Après l'arrêt aux puits de ravitaillement porto, nous remarchons vers la gare de RER des Invalides, que nous ne trouvons pas. Nous marchons donc jusqu'à la prochaine gare, celle du Musée d'Orsay, que nous trouvons facilement. Nous entrons, et voyons que le train vient de passer. Vingt minutes d'attente, très peu pour nous. De plus, le Super Bojo! vient de descendre; nous décidons de marcher vers le métro dont la ligne 14 avait été gardée en fonction pendant toute la nuit. À la sortie de la gare de RER, je trouve un petit coin histoire de me soulager, assez discrètement: je n'ai cessé, au cours des dernières minutes, de dire à Philippe que ce serait vraiment trop bête de se faire arrêter pour grossière indécence.
Évidemment, il suffisait que je paranoïe à ce sujet pour voir arriver dans mon dos une fourgonnette remplie de policiers, qui se stationne à deux mètres de moi et qui dévide ses huit policiers en cinq secondes. Un autre grand moment.
Fast-forward à notre arrivée à Bercy: dans le parc, nous voyons un petit village de maisons de toile blanche, éclairées de l'intérieur. Ça donne un effet vraiment particulier, un peu fantômatique. Très réussi. Un peu plus loin, un grand écran est installé, sur lequel est projetée une paire de lèvres de femme, qui chante des chansons d'amour; autour de l'écran sont installés quatre ou cinq micros, et tout le monde est invité à chanter: l'artiste appelait ceci un karaoké collectif. Mais la grande star de la soirée aura été la Bibliothèque nationale Française, où une scène féérique attendait les visiteurs: une gigantesque échelle de corde avait été suspendue entre les quatre édifices qui composent l'institution, et des spots projetaient l'ombre de l'échelle sur les buildings pendant que le jardin, plus bas, était éclairé de lumières bleues. C'était surréaliste et fantastique.
Nous avons repris le métro jusqu'au centre de Paris, croisé sur notre trajet Notre-Dame au lever du soleil, pris quelques chouettes photos et attendu que les cafés ouvrent leurs portes à 8h pour bruncher. À 10h du mat, je retourne chez nous, heureux et avec deux cartes-mémoire pleines.
and under the bows unbowed
Une autre fin de semaine à relaxer, à lire et à étudier... Je fais le test de chronométrage jusqu'aux Invalides, cette fois-ci: 15 minutes et des poussières. Franchement, j'aime ma situation.
L'évier de la cuisine est complètement bouché; une bonne bouteille de Drano plus tard, et c'est réglé; l'appart sent les produits chimiques comme c'est pas possible, mais à part devenir complètement aveugle, je ne pense pas avoir eu de séquelles tenaces.
Mardi soir, j'ai le bonheur d'assister au concert de Placebo à Bercy, la Grande Salle de spectacles à Paris. (En fait, c'est un peu plus gros que le Centre Bell. Pour une ville qui a la population complète du Québec, je m'attendais à plus big.) À l'entrée, ils distribuent des flyers annonçant la première partie du spectacle, ce que je ne savais pas d'avance. Il s'agit d'Émilie Simon, personne dont les quelques pièces que j'ai entendues ne m'ont vraiment pas allumé, bien au contraire.
Surprise, elle est extrêmement bonne en concert, si bien que je me suis surpris à taper du pied et à hocher la tête sur quelques unes de ses chansons, notamment sa très bonne reprise de I Wanna Be Your Dog de Iggy Pop.
Placebo ont rocké la place, très fort. Brian Molko a l'air beaucoup moins androgyne depuis qu'il s'est rasé la tête, par contre, mais ils ont vraiment fait un bon spectacle: ils ont presque tout joué l'album Meds, et ils ont fait tous leurs succès du passé (Every You Every Me, Special K, etc..) SAUF Pure Morning, qui a étrangement été laissée de côté... c'est pas leur plus gros hit, ça? Enfin.
Mercredi, bouffe avec Nad encore, cette fois, on se paye l'Hippopotamus. C'est le bonheur. Le reste de la semaine se déroule tranquillement, mais la fin de semaine s'annonce porteuse de joie: ce sera la Nuit Blanche 2006.
instead of stressed, i lie here charmed
Écrit par
Éric
à1:34 a.m.
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Lundi, rien de particulier. Toujours en train de m'installer, pépère, bien relax. Je fais ma vaisselle, l'évier décide lui aussi de prendre ça cool, et l'eau de vaisselle prend autant de temps à se vider qu'un sex on the beach à $12 dans un bar branché le 27 du mois.
Y'a rien là.
Après trois semaines d'exploration intense, je fais un peu de cocooning. Je l'ai mérité, j'pense bien.
J'ai quand même fait le test: de assis à mon ordi jusqu'à en dessous de la Tour Eiffel, genre pile-poil sous les 4 piliers, chrono: 9 minutes 27. Rock.
Mercredi midi, entre mes deux cours, rendez-vous avec Nadia pour aller luncher. On se décide sur un petit comptoir de quiches et sandwiches, vraiment très savoureuses. Après avoir mangé, assis sur le rebord d'une fontaine, on se déplace vers le Starbuck's près de l'Université pour jaser et consommer un bon café filtre (dans mon cas) et un cappucino décaf (pour Nad). La conversation est plaisante, la compagnie heureuse, et nous nous promettons de refaire ça mercredi prochain.
Le reste de la semaine est bien tranquille.
Vous vous rappelez de mon cours du mercredi matin, celui où le planning s'est trompé et a réservé la salle seulement pour 90 minutes alors que le cours en dure 120? Eh bien, paraît-il que c'est absolument impossible à régler, alors vers 11h15, on fait une pause-déménagement et on monte tous d'un étage pour finir le cours dans la salle de réunion des profs de l'UFR de littérature comparée. Cette salle est trop petite pour nous, il n'y a pas assez de chaises (il faut aller en voler dans les salles de classe avoisinantes, et elle est disposée en cercle, ce qui fait que le quart des étudiants est dos au prof alors que la moitié la voient en tournant la tête de côté. Ridicule.
tout s'éloigne autour de moi
Écrit par
Éric
à1:50 a.m.
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Mon cours du vendredi matin, sur la réécriture et le commentaire de l'épisode de Circé dans l'Odyssée d'Homère est vraiment cool. La prof a décidé que, pour stimuler les étudiants à faire de la recherche, elle donnerait un point (sur 20) à quiconque lui soumettrait une réécriture ou un commentaire de l'Odyssée (ou d'une partie de celle-ci) qu'elle ne connaîtrait pas.
Quelle chance: je me suis rappelé avoir eu une discussion relevée avec Caroline au sujet des remakes et de leur fondamentale inutilité, et elle m'avait relevé l'exemple d'une reprise de l'Odyssée par le TNM il y a quelques années: bingo.
Je me renseigne là-dessus.
Mon cours de l'après-midi, j'ai malheureusement pas pu y assister: j'ai dû aller rencontrer la demoiselle de l'appart précédent pour aller lui remettre les clés. On verra la semaine prochaine.
Weekend relax, surtout l'installation dans le nouvel appart, et promenades dans le coin ici. J'ai maintenant des choses avec lesquelles faire la cuisine: joie.
bientôt la face du monde aura les yeux bridés
Écrit par
Éric
à9:00 p.m.
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Aujourd'hui je déménage.
Aujourd'hui j'ai deux cours.
Problème.
Je finis mon cours de cinoche, 10h30. Je cours à l'appart du dix-huitième. Une demi-heure de métro. Je dois faire le lavage des serviettes, ramasser mes choses, nettoyer l'appart, et aller rencontrer le dude qui me donne les clés à l'autre appart à 13h. Ça va être tight.
Je monte les 210 marches qui me mènent au septième étage. L'ascenseur ne marche toujours pas. Je ramasse le lavage, je redescend, je vais me chercher à manger. Je remonte les 210 marches, je mange. Je paquete un peu. Je dois retourner à la buanderie mettre le linge à sécher. Il est temps. Je redescends, je vais mettre 20 minutes de sécheuse, je retourne à l'appart. Je ramasse mes affaires, j'ai rempli le premier voyage. Il en reste encore autant, je vais devoir revenir, c'est clair. Je décide de partir tout de suite, vu qu'il est rendu 13h... je repasserai par la buanderie en revenant pour chercher le reste du stock.
J'appelle le gars qui m'attend au nouvel appart... il n'y a pas de problème. J'arrive, ô joie, rez-de-chaussée, plus besoin de monter 210 marches. Incroyable. Je crois rêver.
Je jase un peu, histoire de pas être trop bête, mais le temps presse. Il est rendu 14h, j'ai encore un voyage à paqueter et à faire, avant mon cours à 18h. Il faut que je rocke.
Et j'ai rocké. J'ai dû prendre un taxi, par contre, parce que je n'aurais pas pu y arriver. Mais, pas dramatique. J'ai eu le temps d'arriver en avance à mon cours, même.
Vous pouvez donc m'écrire au 24 rue de l'Exposition, # 11, Paris 75007 France. Hourra. Ça prend environ une semaine à recevoir les choses envoyées du Québec.
it didn't last long
Écrit par
Éric
à1:45 a.m.
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J'vous ai pas oubliés, vous inquiétez pas.
Mais avec le début des cours et le déménagement, la semaine a été un peu rock 'n' roll. Plus d'updates bientôt. Je prends le weekend pour lire et bloguer.
my myspace page is all pimped up
Écrit par
Éric
à11:21 p.m.
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Une chose que j'ai pas mentionné pour mon cours du mercredi matin: le cours est de 10h à midi. Par contre, à 11h40, un gars cogne à la porte, l'ouvre, et demande à la prof si elle a bientôt fini, parce qu'il a un cours à donner, lui.
Ma prof dit, ben, qu'il lui reste encore 20 minutes... L'autre dude dit que mais non, son cours commençait à 11h30. Elle lui dit donc de vérifier avec le planning.
Cinq minutes plus tard, le gars du planning rapplique et dit que, oui, notre cours finissait bien à 11h30 selon ses informations, donc il a donné la salle à l'autre prof de 11h30 à 13h, et il n'y a rien à faire - aucune autre salle de cours n'est disponible.
Notre prof s'excuse, et nous libère.
Mercredi après-midi, cours sur Pouvoirs de la fiction. Le prof est particulièrement étrange: dans la première moitié du cours, il réussit à larguer 90% des étudiants dans la salle en parlant de Ricoeur, de Bourdieu et de structuralisme. Dans la deuxième moitié, il part sur une tirade sur Kafka pendant 45 minutes. Ça n'a aucun lien avec le cours. Les deux livres qu'on lit pour le cours sont des romans qui me sont absolument inconnus, et pour avoir commencé René Leys de Segalen, c'est franchement sans intérêt. En fait, je n'ai toujours pas tout à fait saisi ce qu'on va étudier dans le cours. On verra.
Jeudi matin, cours sur Les genres de cinéma: attendant un cours où on allait voir 4 genres de films (film noir, peplum, western et comédie musicale), j'ai été plutôt déçu en voyant que le cours était sur deux semestres: d'ici à décembre, on ne verra que le film noir et le peplum (pour ceux qui, comme moi, se demandent ce qu'est le peplum, il s'agit du film qui est mis en scène dans l'Antiquité - Ben Hur, mettons, ou les Dix Commandements.
Jeudi soir, après mon grand trou de 7 heures et demie, c'est le cours de littérature et photographie. Ça a l'air vraiment chouette. C'est vraiment un cours qui va bien m'aider si je finis par faire ma maîtrise sur Guibert: le rappport entre littérature et photo, chez le même auteur, ou lorsqu'un auteur écrit quelque chose sur une photo de quelqu'un d'autre. J'adore.
Mais mon jeudi a été plus mouvementé que ça, quand même.
we'll fill our mouths with cinnamon
Écrit par
Éric
à12:04 a.m.
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Jour de rentrée.
Vous connaissez mon horaire, j'en ai parlé plus tôt. Je commence à 14h30, cours de roman policier. J'arrive, comme un bon étudiant, quelques minutes à l'avance; les salles de classe sont toutes remplies. Si vous croyiez que l'UdeM a un problème de locaux, vous n'avez certainement pas vu Paris-3. Toutes les salles de cours sont prises, tout le temps: dès qu'un cours se termine, un autre prend sa place.
Je m'installe donc devant la porte fermée du local 307, et j'attends. À 14h35, nous sommes cinq devant la porte alors qu'elle s'ouvre pour laisser sortir quelques étudiants, les autres restant dans la classe pour jaser entre eux. J'entre, je dis "Roman policier?" Le prof se retourne vers moi et dit "Non, intégration aux études européennes, il reste encore une heure de cours."
Ah.
Je relaie cette information aux quelques autres personnes, dont il devient bientôt apparent qu'ils n'attendaient pas pour le même cours que moi: une fille seulement était, elle aussi, inscrite à mon cours. Nous retournons voir le planning et voyons que le cours a été retardé, déplacé de 15h30 à 17h. Une heure à attendre: direction Starbuck's.
De retour à l'heure, il y a une vingtaine de personnes qui attendent devant la salle de classe. Les étudiants d'études européennes quittent, nous prenons place. Je suis évidemment seul à avoir un laptop pour prendre mes notes de cours - pour ce qu'il y a à prendre. Je me rends rapidement compte qu'en 90 minutes, il est très difficile de donner beaucoup de matière.
Ça paraît que le cours est de l'UFR de Médiation Culturelle: une des premières choses que dit la prof est "je ne vous ferai quand même pas lire un roman au complet!"... ah bon?
Eh non. J'ai l'impression que nous allons surtout voir des extraits d'une ou deux pages de différents romans au fil du semestre. À faire, un exposé de 15-20 minutes qui peut être remplacé par une dissert de 5 pages ("mais alors là 8 pages, gros maximum"), et une dissert sur table de 90 minutes à la fin de la session.
Mercredi matin, cours sur le roman de l'écrivain. Sujet: la mise en abyme. Sujet très intéressants, et deux livres particulièrement chouettes: Si par une nuit d'hiver un voyageur et Les Faux-monnayeurs. La prof est une chargée de cours, mais elle semble passionnée.
Là encore, un exposé ou une dissert, et un travail sur table de deux heures à la fin.
La suite un autre jour.
ton corps c't'une poèle à frire, mon corps c't'une livre de beurre
Écrit par
Éric
à8:35 p.m.
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Aujourd'hui, c'est la journée internationale 'Talk Like A Pirate'.
Ventre Saint-Gris.
starvin' in the belly of a whale
Écrit par
Éric
à11:39 a.m.
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Après ma promenade quotidienne du lundi, à travers les rues de la Paris, alors que je contemple d'un regard passager les façades séculaires de la Ville Lumière en partant du dix-huitième arrondissement, me frayant un passage jusqu'au coeur même de la ville, le mythique Premier. Après avoir effectué quelques achats, j'allais m'engouffrer dans les Halles (ce gigantesque centre commercial sous-terrain, sur quatre étages) alors que, surprise, mon téléphone se met ostensiblement à vibrer.
Quid?
C'est Phil, un collègue de l'UdeM venu étudier à Paris-4 ("la vraie Sorbonne") pour l'année, et qui venait d'arriver à Paris.
Rendez-vous fixé, une heure et demie plus tard, aux Champs Élysées. Tou-toum, tou-toum toum.
Je cours chez moi, je me départis de mes quelques achats, j'attrape ma caméra, et, hop, direction métro Franklin D. Roosevelt. Arrivé sur une des rues les plus belles du monde, je me rends à la Fnac, à l'entrée de laquelle il doit m'attendre: je suis déjà quinze minutes en retard... j'espère qu'il m'a attendu.
Une demi-heure plus tard, pas de news de Phil. J'ai eu le temps de me faire quêter de l'argent par cinq gitanes, de voir plus de Prada et de Versace passer que jamais auparavant, et de voir l'entière population du Wisconsin fraîchement débarquée à Paris se diriger hardiment vers le McDo le plus près, pour vivre à fond l'expérience parisienne, alors que soudainement, le susmentionné Philippe apparaît dans mon champ de vision. Hourra.
Nous magasinons un peu: la Fnac est ouverte jusqu'à minuit; je l'amène ensuite au Publicis Drugstore, magasin dont le concept m'étonne encore aujourd'hui: il s'agit d'une très grande surface, offrant journaux et magazines, pharmacie, cosmétiques, épicerie fine, cave à vins, humidor à cigares, une petite section d'électronique designer (des radio-réveils à 300€), des jus et boissons, une boulangerie, un resto haut-de-gamme, une brasserie et un cinéma.
Je m'achète une bouteille d'Hpnotiq, ce cocktail à base de vodka, cognac et jus de fruits, qui est, paraît-il, excellent, et nous décidons de partir à la recherche de bouffe. Il est dix heures trente.
Nous errons dans les environs des Champs, pour nous rendre compte que dès que l'on quitte l'Avenue, il est impossible de trouver quoi que ce soit d'ouvert. Malheur! Moi qui n'avais rien mangé depuis midi...
Arrivés au Grand Palais, nous traversons la Seine, et nous restons bêtements ébahis devant la Tour Eiffel qui s'expose à nous, éclairée, scintillante. Moment touriste, certes, mais moment fort quand même. Nous nous demandons tous deux s'il est possible de se blaser de cette vue. Je ne crois pas.
Direction, Saint-Germain-des-Prés: là où il y a nightlife, il y a sûrement bouffe tardive aussi. Nous croisons la place du Québec, et arrivons finalement à un restaurant... chinois. Je me tape donc un joli plat de poulet à l'ananas, accompagné de petites nouilles, alors que le Phil, lui, se contente d'un plat de salade de fruits - il avait déjà bouffé, lui.
On trouve un petit bar, où la pinte de Stella est à 5€ - pas cher, pas cher. On s'installe, et on se met à boire en jasant de tout et de rien. Plaisir. Soudainement, les pintes sont vides, et il faut y aller, sinon le dernier métro sera passé.
Vous, qui me connaissez bien, savez ma chance légendaire vis à vis des transports en commun à Montréal. Eh bien j'ai l'honneur de vous apprendre que cette chance s'est transportée jusqu'ici: manqué le métro à St-Germain, alors attendu le prochain. Arrivé au transfert de ligne, j'entends "Mesdames, messieurs. Le service est terminé sur la ligne 12, en direction maudit ostie de viarge." Enfin, c'est ça que ça a donné dans la station. Je retourne à l'autre station, celle où j'ai laissé Phil, parce qu'un autre itinéraire est possible, légèrement plus long, mais bon. Arrivé à l'autre transfert, je suis un peu perturbé par le fait que le quai est complètement vide. C'est alors que la jolie voix revient: "Mesdames, messieurs. Le service est terminé sur la ligne 7, en tabarnak."
Ça fait que j'ai pris un taxi.
doomsday, get my gun
Samedi matin, je me lève au chant du coq.
Presque. Si vous avez un coq qui chante à midi, faites-moi signe.
Sérieusement, le plan était de me lever très tôt pour profiter de la première des deux Journées Européennes du Patrimoine - un weekend en septembre où, chaque année, partout en Europe, les musées ouvrent (pour la plupart) gratuitement et d'autres endroits ouvrent alors qu'ils ne sont pas publics, habituellement (hôtels privés, châteaux, résidences officielles, ...)
Il est finalement trois heures et demie quand j'arrive à l'église Saint-Eustache, mon premier arrêt de la journée. Église placée en plein coeur de Paris (1er arrondissement), elle ouvre exceptionnellement l'accès à son toit, au public, dans le cadre des journées. C'est très cool, et vous savez comment j'aime les toits.
the ceremony is about to begin