L'Attente, l'Errance et le Poulet à l'Ananas
Après ma promenade quotidienne du lundi, à travers les rues de la Paris, alors que je contemple d'un regard passager les façades séculaires de la Ville Lumière en partant du dix-huitième arrondissement, me frayant un passage jusqu'au coeur même de la ville, le mythique Premier. Après avoir effectué quelques achats, j'allais m'engouffrer dans les Halles (ce gigantesque centre commercial sous-terrain, sur quatre étages) alors que, surprise, mon téléphone se met ostensiblement à vibrer.
Quid?
C'est Phil, un collègue de l'UdeM venu étudier à Paris-4 ("la vraie Sorbonne") pour l'année, et qui venait d'arriver à Paris.
Rendez-vous fixé, une heure et demie plus tard, aux Champs Élysées. Tou-toum, tou-toum toum.
Je cours chez moi, je me départis de mes quelques achats, j'attrape ma caméra, et, hop, direction métro Franklin D. Roosevelt. Arrivé sur une des rues les plus belles du monde, je me rends à la Fnac, à l'entrée de laquelle il doit m'attendre: je suis déjà quinze minutes en retard... j'espère qu'il m'a attendu.
Une demi-heure plus tard, pas de news de Phil. J'ai eu le temps de me faire quêter de l'argent par cinq gitanes, de voir plus de Prada et de Versace passer que jamais auparavant, et de voir l'entière population du Wisconsin fraîchement débarquée à Paris se diriger hardiment vers le McDo le plus près, pour vivre à fond l'expérience parisienne, alors que soudainement, le susmentionné Philippe apparaît dans mon champ de vision. Hourra.
Nous magasinons un peu: la Fnac est ouverte jusqu'à minuit; je l'amène ensuite au Publicis Drugstore, magasin dont le concept m'étonne encore aujourd'hui: il s'agit d'une très grande surface, offrant journaux et magazines, pharmacie, cosmétiques, épicerie fine, cave à vins, humidor à cigares, une petite section d'électronique designer (des radio-réveils à 300€), des jus et boissons, une boulangerie, un resto haut-de-gamme, une brasserie et un cinéma.
Je m'achète une bouteille d'Hpnotiq, ce cocktail à base de vodka, cognac et jus de fruits, qui est, paraît-il, excellent, et nous décidons de partir à la recherche de bouffe. Il est dix heures trente.
Nous errons dans les environs des Champs, pour nous rendre compte que dès que l'on quitte l'Avenue, il est impossible de trouver quoi que ce soit d'ouvert. Malheur! Moi qui n'avais rien mangé depuis midi...
Arrivés au Grand Palais, nous traversons la Seine, et nous restons bêtements ébahis devant la Tour Eiffel qui s'expose à nous, éclairée, scintillante. Moment touriste, certes, mais moment fort quand même. Nous nous demandons tous deux s'il est possible de se blaser de cette vue. Je ne crois pas.
Direction, Saint-Germain-des-Prés: là où il y a nightlife, il y a sûrement bouffe tardive aussi. Nous croisons la place du Québec, et arrivons finalement à un restaurant... chinois. Je me tape donc un joli plat de poulet à l'ananas, accompagné de petites nouilles, alors que le Phil, lui, se contente d'un plat de salade de fruits - il avait déjà bouffé, lui.
On trouve un petit bar, où la pinte de Stella est à 5€ - pas cher, pas cher. On s'installe, et on se met à boire en jasant de tout et de rien. Plaisir. Soudainement, les pintes sont vides, et il faut y aller, sinon le dernier métro sera passé.
Vous, qui me connaissez bien, savez ma chance légendaire vis à vis des transports en commun à Montréal. Eh bien j'ai l'honneur de vous apprendre que cette chance s'est transportée jusqu'ici: manqué le métro à St-Germain, alors attendu le prochain. Arrivé au transfert de ligne, j'entends "Mesdames, messieurs. Le service est terminé sur la ligne 12, en direction maudit ostie de viarge." Enfin, c'est ça que ça a donné dans la station. Je retourne à l'autre station, celle où j'ai laissé Phil, parce qu'un autre itinéraire est possible, légèrement plus long, mais bon. Arrivé à l'autre transfert, je suis un peu perturbé par le fait que le quai est complètement vide. C'est alors que la jolie voix revient: "Mesdames, messieurs. Le service est terminé sur la ligne 7, en tabarnak."
Ça fait que j'ai pris un taxi.
doomsday, get my gun