L'UNEF et moi
Mardi a été une journée plutôt normale. Marché, marché, marché... Pas un très beau coin, quand on y pense.
Mercredi, journée plus... mouvementée. Je suis invité à une AG de l'UNEFUNEF, un des syndicats étudiants de l'Université.
J'explique un peu le fonctionnement des choses, ici. (Warning, boring stuff ahead.)
Les étudiants, ici, ne sont pas représentés d'office par une association étudiante, comme au Québec. Il y a, pour ce faire, des syndicats étudiants, basés sur le même modèle que des syndicats de travailleurs, qui se sont créés vers la fin des années '60. Ces syndicats, nationaux, ont des branches dans toutes les facs de France, mais aucun d'eux n'a l'exclusivité sur un quelconque territoire (par exemple, à l'UdeM, c'est la FAÉCUM qui représente tous les étudiants, par défaut, et personne d'autre ne peut le faire). Il n'y a pas, non plus, d'asso départementale (ou facultaire): l'UFR de Lettres, par exemple, n'est représentée nulle part, pas plus que n'importe quelle UFR. Il y a donc plusieurs syndicats sur le campus, avec leurs postes internes, et ils proposent des candidats aux différents postes étudiants de l'administration universitaire: par exemple, le poste de vice-président étudiant (un étudiant qui siège au CA et qui a donc voix au chapitre sur toutes les décisions de l'Université, au même titre que tous les vice-présidents du campus, que ce soit à l'administration, aux relations internationales ,...) appartient cette année à l'UNEF, mais auparavant c'était la CÉ (je ne me rappelle plus ce que l'acronyme veut dire) qui l'avait.
J'me suis rendu à l'AG, pour me rendre compte que nous étions treize. Sur 20 000 étudiants. Sur ces treize, trois faisaient partie de l'exécutif de l'UNEF à Paris-3, et deux faisaient partie de l'exécutif national de l'UNEF. Il restait donc moi, quatre personnes qui sont restées silencieuses tout le long de la réunion, et trois ultra-gauchistes finis.
Ultra-gauchistes, comme dans 'appliquons le communisme au niveau national, maintenant'. À côté d'eux, la CALESH est modérée. (Ceux qui ne connaissent pas la CALESH, soyez bénis.)
Je prends la parole à quelques reprises pour tenter de modérer les discours et proposer des solutions pratiques et plausibles, plutôt que de belles idées théoriques qui n'arriveront jamais, et qui sont même trop incroyables pour être des bases de négociation qui ne feront pas éclater de rire le gouvernement.
Après cette AG, je me fais accoster par le mec du national de l'UNEF, qui veut me parler pour avoir des éclaircissements sur le fonctionnement, au Québec, des associations étudiantes. Nous décidons d'aller en jaser devant un café, où nous sommes rejoints rapidement par sa collègue au niveau local, puis par deux autres personnes du national. Nous allons donc nous trouver un resto pas trop cher, dans le coin de la place de la Contrescarpe.
Malheur, le resto devient un karaoké après huit heures. Après avoir supporté tant bien que mal un viel italien (imaginez Dino Tavarone mélangé avec Marcel Leboeuf, c'est grave) chanter Losing My Religion et une grosse arabe beugler Call Me de Blondie, il est grand temps d'aller trouver de l'alcool. Maintenant.
Je propose, vu que tout le monde semble fasciné par ma culture, d'aller au pub L'envol québécois situé à deux pas. Mouvements acquiescants de tous. Allons-y.
Je n'ai jamais été aussi heureux d'entendre Stefie Shock dans un bar.
En fait, quand nous sommes rentrés, c'était Break Syndical qui jouait, mais après deux chansons ce fut au tour de Stéphane Caron de se faire aller l'homme à la mer pour chaque fille amère. Avec une bonne Fin du Monde, c'était bien agréable.
Jusqu'à ce que je voie que toute la production Unibroue est à 9€ pièce.
Faites le calcul. On s'en reparle.
salut chantal(e)