Journée de relaxation, aka Des heures de plaisir avec la bureaucratie #3
Aujourd'hui je suis allé me ballader dans les jardis parisiens et j'ai joué à cache-cache avec des écureuils, pour ensuite me faire un joli petit pique-nique avec une baguette, un morceau de foie gras et une demi-bouteille de rosé.
J'vous ai eus, hein?
Non. Aujourd'hui c'était la journée où je devais avoir ma carte étudiante. C'était pourtant simple: on m'avait dit qu'elle serait disponible 'vendredi matin'. Je me réveille en retard, bicose que j'ai bu un peu jeudi soir...
Je dois aussi passer au bureau de poste, car une de mes UFR me demande une enveloppe préaffranchie, je ne sais trop pourquoi.
J'arrive au bureau de poste, et je vois 'Accueil, vente d'enveloppes et de timbres' - ah, pratique. Il faut savoir que la poste, ici, est aussi une banque, gérée par l'État. Il y a donc, comme dans chaque banque, une longue file d'attente pour les gens qui ont peur des guichets automatiques. Ça ne me tente pas particulièrement d'attendre, alors je reste à l'accueil, qui est présentement vide.
Cinq minutes passent.
Personne à l'accueil.
Cinq autres minutes. Une dame vient au bureau d'accueil, passe à l'arrière, et va pour repartir. Je l'arrête. "Je voudrais acheter une enveloppe", dis-je, l'air contrit. Elle me répond "Il va falloir faire la file, aujourd'hui je ne vends pas, je ne fais que l'accueil."
Bullshit que tu fais l'accueil, ça fait dix minutes que j'suis ici pis c'est la première fois que je te vois, vieille peau.
"Mais c'est seulement pour une enveloppe..." supplie-je. Renversement de situation incroyable, elle décide d'être sympathique et d'aller me trouver l'enveloppe préaffranchie dont j'ai besoin, même si elle n'est pas supposée. Je crois maintenant comprendre pourquoi les cieux étaient rouge sang ce matin: une fonctionnaire française outrepasse ses fonctions de base. Inouï. Deux minutes après, enveloppe en main, je quitte la Poste.
Il est 10h30. Je panique et je me dirige vers l'université en courant, sachant que les heures de dîner approchent (les heures de lunch sont en moyenne de 11h à 14h).
J'arrive à l'uni à 11h, et je demande à la charmante dame à l'accueil où aller pour récupérer ma carte étudiante. Elle me dirige au bureau 9. Je m'empresse donc d'y aller.
Au bureau 9, la dame me répond par, non pas "Bonjour!" mais bien "Je ne donne pas d'informations. Si vous n'avez pas le papier jaune, je ne peux rien faire pour vous." Hmm, ça part bien. Je lui expose mon cas: "Je viens récupérer ma carte étudiante, on m'a dit que ce serait ici." Elle me répond d'aller au bureau 5, "oui, celui où y'a du monde." Effectivement, le bureau 5 possède une file d'attente qui ferait rougir d'envie un concert des Stones.
Vous me connaissez, et savez que je ne suis pas le genre de gars à attendre pour rien. Je me pointe donc au bureau des étudiants internationaux, plutôt que d'attendre pendant huit ans devant le bureau 5. Que vois-je devant le bureau des internationaux? "La carte étudiante sera remise ici, vendredi à 14h."
Yé.
D'un côté, j'ai couru pour rien. De l'autre, j'ai pas à me farcir la file d'attente du bureau 5. Je suis donc mi-heureux, mi-en crisse. Joe-ambigü, comme on dit.
J'ai donc trois heures à tuer. J'vais me taper un panini, plutôt savoureux, chez les grecs à côté de l'uni. Je me ballade un peu, retourne au Starbucks, puis je me redirige vers l'université, en me disant que cette fois-ci serait la bonne.
Et, contre toute attente, elle l'a été.
Après une toute petite attente de cinq minutes, me voilà avec un beau papier jaune me donnant droit à ma carte étudiante. Oui, le fameux papier jaune. Je me dis donc machiavéliquement que la petite madame du bureau 9 de tantôt va prendre son air en tabarnak.
Je me retrouve au bureau 9. Elle me voit rentrer, et son air bête se multiplie. Moi, j'ai un grand sourire aux lèvres. "C'est pour la carte étudiante." "Vous avez le papier jaune?", dit-elle d'un air dubitatif. "Mais oui, le voici." Tout sourire, je la vois devenir mauve. Elle me sort ma carte étudiante, l'air défait.
J'ai gagné contre la bureaucratie.
Il faut maintenant que je passe à tous les bureaux de mes UFR pour leur donner mon numéro d'étudiant. Je commence par l'endroit avec l'enveloppe, pas de problème, tout est réglo. Je vais ensuite à l'UFR de lettres, ceux qui m'avaient donné des maux de tête à plusieurs reprises mercredi, et je leur donne mon numéro. Ils sont heureux. L'UFR de littérature générale et comparée, là où j'ai quatre cours, est ma dernière destination. J'annonce ma situation, rapidement, et le gars me regarde et dit "Éric Samson, c'est ça?" Abasourdi, j'acquiesce. Il va chercher ma fiche, note mon numéro dessus, et me souhaite une bonne journée.
Il est quatre heures, je rentre à la maison.
well i told you, but i thought you'd know