30 septembre 2006

Les commencements d'une tradition, au centre d'une semaine sans grand intérêt

Lundi, rien de particulier. Toujours en train de m'installer, pépère, bien relax. Je fais ma vaisselle, l'évier décide lui aussi de prendre ça cool, et l'eau de vaisselle prend autant de temps à se vider qu'un sex on the beach à $12 dans un bar branché le 27 du mois.

Y'a rien là.

Après trois semaines d'exploration intense, je fais un peu de cocooning. Je l'ai mérité, j'pense bien.

J'ai quand même fait le test: de assis à mon ordi jusqu'à en dessous de la Tour Eiffel, genre pile-poil sous les 4 piliers, chrono: 9 minutes 27. Rock.

Mercredi midi, entre mes deux cours, rendez-vous avec Nadia pour aller luncher. On se décide sur un petit comptoir de quiches et sandwiches, vraiment très savoureuses. Après avoir mangé, assis sur le rebord d'une fontaine, on se déplace vers le Starbuck's près de l'Université pour jaser et consommer un bon café filtre (dans mon cas) et un cappucino décaf (pour Nad). La conversation est plaisante, la compagnie heureuse, et nous nous promettons de refaire ça mercredi prochain.

Le reste de la semaine est bien tranquille.

Vous vous rappelez de mon cours du mercredi matin, celui où le planning s'est trompé et a réservé la salle seulement pour 90 minutes alors que le cours en dure 120? Eh bien, paraît-il que c'est absolument impossible à régler, alors vers 11h15, on fait une pause-déménagement et on monte tous d'un étage pour finir le cours dans la salle de réunion des profs de l'UFR de littérature comparée. Cette salle est trop petite pour nous, il n'y a pas assez de chaises (il faut aller en voler dans les salles de classe avoisinantes, et elle est disposée en cercle, ce qui fait que le quart des étudiants est dos au prof alors que la moitié la voient en tournant la tête de côté. Ridicule.

tout s'éloigne autour de moi

24 septembre 2006

Foyer doux foyer

Mon cours du vendredi matin, sur la réécriture et le commentaire de l'épisode de Circé dans l'Odyssée d'Homère est vraiment cool. La prof a décidé que, pour stimuler les étudiants à faire de la recherche, elle donnerait un point (sur 20) à quiconque lui soumettrait une réécriture ou un commentaire de l'Odyssée (ou d'une partie de celle-ci) qu'elle ne connaîtrait pas.

Quelle chance: je me suis rappelé avoir eu une discussion relevée avec Caroline au sujet des remakes et de leur fondamentale inutilité, et elle m'avait relevé l'exemple d'une reprise de l'Odyssée par le TNM il y a quelques années: bingo.

Je me renseigne là-dessus.

Mon cours de l'après-midi, j'ai malheureusement pas pu y assister: j'ai dû aller rencontrer la demoiselle de l'appart précédent pour aller lui remettre les clés. On verra la semaine prochaine.

Weekend relax, surtout l'installation dans le nouvel appart, et promenades dans le coin ici. J'ai maintenant des choses avec lesquelles faire la cuisine: joie.

bientôt la face du monde aura les yeux bridés

23 septembre 2006

L'efficacité s'appelle Éric, qu'on se le dise

Aujourd'hui je déménage.

Aujourd'hui j'ai deux cours.

Problème.

Je finis mon cours de cinoche, 10h30. Je cours à l'appart du dix-huitième. Une demi-heure de métro. Je dois faire le lavage des serviettes, ramasser mes choses, nettoyer l'appart, et aller rencontrer le dude qui me donne les clés à l'autre appart à 13h. Ça va être tight.

Je monte les 210 marches qui me mènent au septième étage. L'ascenseur ne marche toujours pas. Je ramasse le lavage, je redescend, je vais me chercher à manger. Je remonte les 210 marches, je mange. Je paquete un peu. Je dois retourner à la buanderie mettre le linge à sécher. Il est temps. Je redescends, je vais mettre 20 minutes de sécheuse, je retourne à l'appart. Je ramasse mes affaires, j'ai rempli le premier voyage. Il en reste encore autant, je vais devoir revenir, c'est clair. Je décide de partir tout de suite, vu qu'il est rendu 13h... je repasserai par la buanderie en revenant pour chercher le reste du stock.

J'appelle le gars qui m'attend au nouvel appart... il n'y a pas de problème. J'arrive, ô joie, rez-de-chaussée, plus besoin de monter 210 marches. Incroyable. Je crois rêver.

Je jase un peu, histoire de pas être trop bête, mais le temps presse. Il est rendu 14h, j'ai encore un voyage à paqueter et à faire, avant mon cours à 18h. Il faut que je rocke.

Et j'ai rocké. J'ai dû prendre un taxi, par contre, parce que je n'aurais pas pu y arriver. Mais, pas dramatique. J'ai eu le temps d'arriver en avance à mon cours, même.

Vous pouvez donc m'écrire au 24 rue de l'Exposition, # 11, Paris 75007 France. Hourra. Ça prend environ une semaine à recevoir les choses envoyées du Québec.

it didn't last long

22 septembre 2006

J'vous ai pas oubliés

J'vous ai pas oubliés, vous inquiétez pas.

Mais avec le début des cours et le déménagement, la semaine a été un peu rock 'n' roll. Plus d'updates bientôt. Je prends le weekend pour lire et bloguer.

my myspace page is all pimped up

21 septembre 2006

Les cours, suite

Une chose que j'ai pas mentionné pour mon cours du mercredi matin: le cours est de 10h à midi. Par contre, à 11h40, un gars cogne à la porte, l'ouvre, et demande à la prof si elle a bientôt fini, parce qu'il a un cours à donner, lui.

Ma prof dit, ben, qu'il lui reste encore 20 minutes... L'autre dude dit que mais non, son cours commençait à 11h30. Elle lui dit donc de vérifier avec le planning.

Cinq minutes plus tard, le gars du planning rapplique et dit que, oui, notre cours finissait bien à 11h30 selon ses informations, donc il a donné la salle à l'autre prof de 11h30 à 13h, et il n'y a rien à faire - aucune autre salle de cours n'est disponible.

Notre prof s'excuse, et nous libère.


Mercredi après-midi, cours sur Pouvoirs de la fiction. Le prof est particulièrement étrange: dans la première moitié du cours, il réussit à larguer 90% des étudiants dans la salle en parlant de Ricoeur, de Bourdieu et de structuralisme. Dans la deuxième moitié, il part sur une tirade sur Kafka pendant 45 minutes. Ça n'a aucun lien avec le cours. Les deux livres qu'on lit pour le cours sont des romans qui me sont absolument inconnus, et pour avoir commencé René Leys de Segalen, c'est franchement sans intérêt. En fait, je n'ai toujours pas tout à fait saisi ce qu'on va étudier dans le cours. On verra.


Jeudi matin, cours sur Les genres de cinéma: attendant un cours où on allait voir 4 genres de films (film noir, peplum, western et comédie musicale), j'ai été plutôt déçu en voyant que le cours était sur deux semestres: d'ici à décembre, on ne verra que le film noir et le peplum (pour ceux qui, comme moi, se demandent ce qu'est le peplum, il s'agit du film qui est mis en scène dans l'Antiquité - Ben Hur, mettons, ou les Dix Commandements.

Jeudi soir, après mon grand trou de 7 heures et demie, c'est le cours de littérature et photographie. Ça a l'air vraiment chouette. C'est vraiment un cours qui va bien m'aider si je finis par faire ma maîtrise sur Guibert: le rappport entre littérature et photo, chez le même auteur, ou lorsqu'un auteur écrit quelque chose sur une photo de quelqu'un d'autre. J'adore.

Mais mon jeudi a été plus mouvementé que ça, quand même.

we'll fill our mouths with cinnamon

20 septembre 2006

Les cours, astheure

Jour de rentrée.

Vous connaissez mon horaire, j'en ai parlé plus tôt. Je commence à 14h30, cours de roman policier. J'arrive, comme un bon étudiant, quelques minutes à l'avance; les salles de classe sont toutes remplies. Si vous croyiez que l'UdeM a un problème de locaux, vous n'avez certainement pas vu Paris-3. Toutes les salles de cours sont prises, tout le temps: dès qu'un cours se termine, un autre prend sa place.

Je m'installe donc devant la porte fermée du local 307, et j'attends. À 14h35, nous sommes cinq devant la porte alors qu'elle s'ouvre pour laisser sortir quelques étudiants, les autres restant dans la classe pour jaser entre eux. J'entre, je dis "Roman policier?" Le prof se retourne vers moi et dit "Non, intégration aux études européennes, il reste encore une heure de cours."

Ah.

Je relaie cette information aux quelques autres personnes, dont il devient bientôt apparent qu'ils n'attendaient pas pour le même cours que moi: une fille seulement était, elle aussi, inscrite à mon cours. Nous retournons voir le planning et voyons que le cours a été retardé, déplacé de 15h30 à 17h. Une heure à attendre: direction Starbuck's.


De retour à l'heure, il y a une vingtaine de personnes qui attendent devant la salle de classe. Les étudiants d'études européennes quittent, nous prenons place. Je suis évidemment seul à avoir un laptop pour prendre mes notes de cours - pour ce qu'il y a à prendre. Je me rends rapidement compte qu'en 90 minutes, il est très difficile de donner beaucoup de matière.

Ça paraît que le cours est de l'UFR de Médiation Culturelle: une des premières choses que dit la prof est "je ne vous ferai quand même pas lire un roman au complet!"... ah bon?

Eh non. J'ai l'impression que nous allons surtout voir des extraits d'une ou deux pages de différents romans au fil du semestre. À faire, un exposé de 15-20 minutes qui peut être remplacé par une dissert de 5 pages ("mais alors là 8 pages, gros maximum"), et une dissert sur table de 90 minutes à la fin de la session.


Mercredi matin, cours sur le roman de l'écrivain. Sujet: la mise en abyme. Sujet très intéressants, et deux livres particulièrement chouettes: Si par une nuit d'hiver un voyageur et Les Faux-monnayeurs. La prof est une chargée de cours, mais elle semble passionnée.

Là encore, un exposé ou une dissert, et un travail sur table de deux heures à la fin.

La suite un autre jour.

ton corps c't'une poèle à frire, mon corps c't'une livre de beurre

19 septembre 2006

Morbleu

Aujourd'hui, c'est la journée internationale 'Talk Like A Pirate'.

Ventre Saint-Gris.

starvin' in the belly of a whale

L'Attente, l'Errance et le Poulet à l'Ananas

Après ma promenade quotidienne du lundi, à travers les rues de la Paris, alors que je contemple d'un regard passager les façades séculaires de la Ville Lumière en partant du dix-huitième arrondissement, me frayant un passage jusqu'au coeur même de la ville, le mythique Premier. Après avoir effectué quelques achats, j'allais m'engouffrer dans les Halles (ce gigantesque centre commercial sous-terrain, sur quatre étages) alors que, surprise, mon téléphone se met ostensiblement à vibrer.

Quid?

C'est Phil, un collègue de l'UdeM venu étudier à Paris-4 ("la vraie Sorbonne") pour l'année, et qui venait d'arriver à Paris.

Rendez-vous fixé, une heure et demie plus tard, aux Champs Élysées. Tou-toum, tou-toum toum.

Je cours chez moi, je me départis de mes quelques achats, j'attrape ma caméra, et, hop, direction métro Franklin D. Roosevelt. Arrivé sur une des rues les plus belles du monde, je me rends à la Fnac, à l'entrée de laquelle il doit m'attendre: je suis déjà quinze minutes en retard... j'espère qu'il m'a attendu.

Une demi-heure plus tard, pas de news de Phil. J'ai eu le temps de me faire quêter de l'argent par cinq gitanes, de voir plus de Prada et de Versace passer que jamais auparavant, et de voir l'entière population du Wisconsin fraîchement débarquée à Paris se diriger hardiment vers le McDo le plus près, pour vivre à fond l'expérience parisienne, alors que soudainement, le susmentionné Philippe apparaît dans mon champ de vision. Hourra.

Nous magasinons un peu: la Fnac est ouverte jusqu'à minuit; je l'amène ensuite au Publicis Drugstore, magasin dont le concept m'étonne encore aujourd'hui: il s'agit d'une très grande surface, offrant journaux et magazines, pharmacie, cosmétiques, épicerie fine, cave à vins, humidor à cigares, une petite section d'électronique designer (des radio-réveils à 300€), des jus et boissons, une boulangerie, un resto haut-de-gamme, une brasserie et un cinéma.

Je m'achète une bouteille d'Hpnotiq, ce cocktail à base de vodka, cognac et jus de fruits, qui est, paraît-il, excellent, et nous décidons de partir à la recherche de bouffe. Il est dix heures trente.

Nous errons dans les environs des Champs, pour nous rendre compte que dès que l'on quitte l'Avenue, il est impossible de trouver quoi que ce soit d'ouvert. Malheur! Moi qui n'avais rien mangé depuis midi...

Arrivés au Grand Palais, nous traversons la Seine, et nous restons bêtements ébahis devant la Tour Eiffel qui s'expose à nous, éclairée, scintillante. Moment touriste, certes, mais moment fort quand même. Nous nous demandons tous deux s'il est possible de se blaser de cette vue. Je ne crois pas.

Direction, Saint-Germain-des-Prés: là où il y a nightlife, il y a sûrement bouffe tardive aussi. Nous croisons la place du Québec, et arrivons finalement à un restaurant... chinois. Je me tape donc un joli plat de poulet à l'ananas, accompagné de petites nouilles, alors que le Phil, lui, se contente d'un plat de salade de fruits - il avait déjà bouffé, lui.

On trouve un petit bar, où la pinte de Stella est à 5€ - pas cher, pas cher. On s'installe, et on se met à boire en jasant de tout et de rien. Plaisir. Soudainement, les pintes sont vides, et il faut y aller, sinon le dernier métro sera passé.

Vous, qui me connaissez bien, savez ma chance légendaire vis à vis des transports en commun à Montréal. Eh bien j'ai l'honneur de vous apprendre que cette chance s'est transportée jusqu'ici: manqué le métro à St-Germain, alors attendu le prochain. Arrivé au transfert de ligne, j'entends "Mesdames, messieurs. Le service est terminé sur la ligne 12, en direction maudit ostie de viarge." Enfin, c'est ça que ça a donné dans la station. Je retourne à l'autre station, celle où j'ai laissé Phil, parce qu'un autre itinéraire est possible, légèrement plus long, mais bon. Arrivé à l'autre transfert, je suis un peu perturbé par le fait que le quai est complètement vide. C'est alors que la jolie voix revient: "Mesdames, messieurs. Le service est terminé sur la ligne 7, en tabarnak."

Ça fait que j'ai pris un taxi.

doomsday, get my gun

18 septembre 2006

Journées Européennes du Patrimoine et des Rencontres Fortuites

Samedi matin, je me lève au chant du coq.

Presque. Si vous avez un coq qui chante à midi, faites-moi signe.

Sérieusement, le plan était de me lever très tôt pour profiter de la première des deux Journées Européennes du Patrimoine - un weekend en septembre où, chaque année, partout en Europe, les musées ouvrent (pour la plupart) gratuitement et d'autres endroits ouvrent alors qu'ils ne sont pas publics, habituellement (hôtels privés, châteaux, résidences officielles, ...)

Il est finalement trois heures et demie quand j'arrive à l'église Saint-Eustache, mon premier arrêt de la journée. Église placée en plein coeur de Paris (1er arrondissement), elle ouvre exceptionnellement l'accès à son toit, au public, dans le cadre des journées. C'est très cool, et vous savez comment j'aime les toits.

Je fais le tour de l'église - très belle église d'ailleurs - et je finis par repérer l'entrée pour les escaliers. C'est la porte où y'a une grosse file de vieillards, probablement vétérans de la première guerre mondiale ou de la Guerre de Trente Ans. J'vous dit, de vraies antiquités, on se demande quasiment qui les a laissé sortir du Louvre ou du musée de paléontologie. Le genre de personne qui peuvent, en sirotant leur Bovril par une froide soirée de novembre, vous raconter pendant des heures les saprées manies de leur copain d'école l'Homme de Cro-Magnon. Des vieux comme ça, ça me fait regretter l'augmentation générale de l'espérance de vie moyenne en Occident. Enfin.

J'arrive pour me mettre en file et je me fais approcher par un employé de l'église. On le reconnaît au premier coup d'oeil: c'est un homme qui a l'air d'un animateur de pastorale, mais avec moins d'avenir. Il me dit "C'est terminé!" - je dis, "quoi?"... après tout, il n'est que quatre heures, et le pamphlet disait que c'était jusqu'à six heures: je veux bien croire qu'il faut monter 260 marches, mais j'ai quand même plus de mobilité qu'une pile de bardeaux d'asphalte tirés par des cols bleus semi-retraités, alors je crois bien avoir le temps de monter et de redescendre facilement dans les temps prescrits, mais il semblerait que la lignée de têtes blanches devant moi va prendre environ trois ères glaciaires pour monter les marches et les redescendre, malheureusement pas tête première.

Je me décide donc à partir pour aller voir si il n'y aurait pas des endroits un peu moins gériatriques à visiter dans le coin. Je me fais accoster, avant de sortir, par un digne représentant de la race des Geeks de Cathédrales, qui se met à me jaser de trancepts et de choeurs orientés au nord-est ou je ne sais plus trop quoi. Je finis par m'en débarasser.

Sorti de l'église, je me met à ma méthode de navigation habituelle: je trouve quelqu'un qui semble savoir où il va, et je le suis.

Je me retrouve devant le Louvre. Belle façade, je prends quelques photos, que vous voyez à droite.
Je décide d'entrer dans la Cour, voir de quoi ça a l'air. Étrangement, y'a de l'armée qui se promène, et qui patrouillent la place à l'intérieur...

À gauche, je vois une jolie perspective: un quelconque édifice avec dôme doré m'interpelle. Je sors par là, et je vois que c'est de l'autre côté de la Seine; pas de problème, y'a un pont.

Je marche lentement sur le pont, absorbant la superbe vue qui s'offre à moi, alors que j'entends un son auquel je ne suis plus habitué: quelqu'un crie "Éric! ÉÉÉRIIIC!"

Me demandant bien qui cela pouvait-il être, je cherche du regard, jusqu'à ce que je vois Nadia et son chum, Pat. Sur dix millions de Parisiens, et sur trente-sept ponts, fallait qu'on se voie. Cool. Heureux hasard.

Je m'assois avec eux, on jase, Un moment, une mémé du Maine nous mande "où manger?"*, et Pat la dirige très vaguement dans un coin reculé de la ville-lumière ou les chefs sont bons et les additions, petites.

(*: J'accepterai, pour cette fabuleuse allitération, tout remerciement par chèque ou carte de crédit.)

Nous revenons à nos moutons, jusqu'à ce qu'il soit soudainement huit heures, et que mon estomac me le rappelle. Je pose donc la même question que la vieille Américaine de tantôt, et c'est là qu'il propose, avec Nadia, de m'accompagner à un chic resto qu'ils connaissent et aiment bien, Le Tambour. On s'installe à une superbe table, le resto est vraiment chouette et décoré avec drôlerie et goût, le menu est un gigantesque tableau en ardoise qu'il faut tenir à deux mains pour lire, et les prix sont très corrects.

Je me commande une soupe à l'oignon ainsi qu'un tartare de boeuf. Vraiment excellent, le tartare, mais portion absolument gigantesque, surtout après m'être tapé la soupe à l'oignon gratinée. J'ai pas pu le finir. Très dommage, mais je me vois mal demander un doggy-bag pour un tartare de boeuf. C'est pas comme si ça se mangeait réchauffé...

J'm'en suis tiré à 20€, ce qui est très raisonnable.

Après ça, nous avons marché un peu histoire de digérer, et ils m'ont amené dans le coin des putes. Mais pas Pigalle, là, je parle du vrai coin des putes: les cocottes qui te disent, d'une voix éraillée par l'alcool et le tabac, "Salut mon chou, tu viens?"

Divertissant. Mais après une heure de marche, dodo. Après tout, y'a une toute autre journée du patrimoine qui m'attend.

Dimanche a été plus productif: le matin, l'Institut de France (home of the Académie Française) ouvre ses portes pour visiter. Votre humble serviteur (c'est moi, ça) a pris le temps de s'installer un peu et de s'asseoir dans un des fauteils verts, dédiés Huniquement aux Hacadémiciens. Petit plaisir de lettreux.

Ensuite, je m'installe à bouffer sur une terrasse sur le bord de la Seine, un véritable attrape-touriste: 2 cafés au lait et un croque-monsieur vont me chercher €12. Mais c'est bon, et ça réconforte. Lire du Houellebecq en face du Louvre avec un café au lait, faut trimer dur pour trouver plus stéréotype que ça.

Destination, deuxième essai pour l'Église St-Eustache. Je réussis à monter sans problème, et les 260 marches se font sans sourciller, mais ça paraît que c'est pas ouvert au public: les marches sont étroites et le plafond est parfois trop bas, même pour moi. Mais quelle vue!














Par la suite, je me rends aux Jardins du Luxembourg, pour visiter le Sénat. Peine perdue, une file longue de deux coins de rue m'assaille. Fuck off, je vais voir ce qu'il y a d'autre; les Serres du Jardin, normalement elles aussi fermées au public, sont ouvertes, aujourd'hui. Rien de bien intéressant, sinon que les pucerons semblent se faire dévorer par les coccinelles australiennes et que ça sauve sur les pesticides. Blah.











Sur le chemin du retour, je croise une rue remplie de rollerblades. Étrange. La rue est complètement envahie par une bande de patineurs, à perte de vue. Évidemment, pas question de traverser, ils sont trop nombreux. Pourtant, aucune voiture de police n'est en vue. Après quinze minutes, le flot s'amincit, puis se résorbe, et les voitures se remettent à circuler. Vraiment bizarre.

Je rentre à la maison, et je m'installe devant un bon épisode de Minuit le soir. La grosse vie sale.

the ceremony is about to begin

16 septembre 2006

Promenades, non-photo et magasins

Je me suis promené, jeudi et vendredi. Rien fait d'autre.

Je me suis rendu à la gare St-Lazare, par hasard. (Rime involontaire, désolé.) Il y avait de très belles photos à y faire, mais je n'avais évidemment pas apporté mon appareil avec moi. J'avais décidé, pour une fois, de voyager léger: pas de sac, juste ce que je pouvais traîner dans mes poches.

Ça fait du bien de prendre l'air, de marcher sans but précis, en se laissant guider par les noms de rue et les perspectives de stations de métro. (Prendre l'air, ha! Marcher dans Paris une journée équivaut, paraît-il, à fumer un paquet de clopes. Joie.)

Je me suis rendu jusqu'aux grand magasins du coin de l'Opéra: la Fnac et le Printemps. J'y ai passé beaucoup trop de temps, sans rien acheter (sauf des livres d'école, et de Guibert, à la Fnac.)

La Fnac (originalement Fédération Nationale d'Achats pour Cadres, maintenant juste fnac habituellement sans majuscule) est un gros magasin étrange: imaginez Future Shop qui vendrait des livres et des billets de spectacle. Et qui serait bien meublé, décoré avec goût, avec du personnel compétent. Même dans la section de musique indépendante.

Le Printemps, ben, prenez Simon's, à Montréal, sur la rue Ste-Catherine, un peu plus grand. Imaginez qu'il y en a 3 pareils: un pour homme, un pour femme, et un "urbain" (GStar, Volcom, Billabong, ...).

Joie.

the crusade has just begun

15 septembre 2006

Choix de cours

C'est de la poutine, mais ça a l'air que ça intéresse le monde... voici donc mon choix de cours pour cette session, ainsi que mon horaire.

Mardi 14h30 - 16h: Le roman policier (URF de médiation culturelle)
'Cet enseignement aura pour but de donner des bases sur la constitution historique du genre, en Europe et aux États-Unis, de réfléchir sur les formes narratives spécifiques du genre, et de comprendre la réprobation dont il a fait l'objet. Il s'appuiera sur l'étude de romans précis, à la fois du point de vue de l'analyse stylistique et des implications sociales du genre.' - Au programme, La lettre volée de Poe et une anthologie, en plus de trois ouvrages théoriques.

Mercredi 10h - 12h: Le roman de l'écrivain (UFR de Littérature générale et comparée)
'Le roman européen du XXè siècle met souvent en scène le rapport qu'entretient l'écrivain à l'oeuvre, voire représente dans un cadre fictionnel des problèmes d'esthétique littéraire. En quoi cette réflexivité éclaire-t-elle la pratique et la théorie du roman et a-t-elle été emblématique d'une certaine conception de la littérature?' - Au programme, Les faux-monnayeurs de Gide et mon livre-fétiche de cet été, Si par une nuit d'hiver un voyageur de Calvino.

Mercredi 15h - 17h: Pouvoirs de la fiction: images du même (UFR de Littérature générale et comparée)
'Crise du personnage comme présence dans la littérature du XXè siècle? Sans doute. Mais ce cours tentera de faire le point sur le maintien de cette composante essentielle de la fiction en analysant ses métamorphoses dans la littérature moderne, d'abord comme énigmatique figure d'un dédoublement spéculaire puis comme fantôme, comme trace de présence.' - Au programme, René Leys de Victor Segalen, et L'invention de Morel de Adolfo Bioy-Casares.

Jeudi 9h - 10h30: Les genres au cinéma (UFR de médiation culturelle)
'Il s'agit de balayer le champ des genres au cinéma, à travers cinq types de films (western, science-fiction, comédie musicale, péplum, film policier), afin d'en dégager les principaux codes.' - Pas de bibliographie spécifiée.

Jeudi 18h - 19h30: Littérature et photographie (UFR de Littérature française et linguistique)
'Le cours explorera ce qui passe et se passe entre littérature et photographie. Ce qu’il advient du sujet pelliculaire, déposé-révélé dans la matière-temps, la matière-lumière, insoumis au devenir et aux enchaînements du récit. Un sujet infiniment revenant. On verra aussi ce que la réflexion théorique sur la photographie apporte à la critique littéraire.' - Au programme, La chambre claire de Roland Barthes, Petite histoire de la photographie de Walter Benjamin, Iconographie de l'auteur de Federico Ferrari et Jean-Luc Nancy, Photographies de Claude Simon, Photographe de Claude Cahun, et Histoires vraies de Sophie Calle.

Vendredi 10h - 12h: Commentaire et réécriture (UFR de Littérature générale et comparée)
'Écrire le commentaire d’un texte littéraire pour en dégager le sens et les procédés est une activité critique qui semble n’engager en rien un acte de création. Réécrire un texte, à la manière d’un Fénelon ou d’un Joyce réécrivant l’Odyssée, ne revient pas en apparence à le commenter. On se demandera pourtant si ces deux pratiques, qui toutes deux conduisent à la création d’un texte dérivé d’un autre texte, ne peuvent pas être comparées, si parfois elles ne se rejoignent pas au point de se confondre. Le commentateur comme l’auteur d’une réécriture réagissent-ils aux mêmes lieux du texte premier, aux possibles dont il est porteur, aux manques qui le trouent ou aux obscurités qui le rendent opaques? Surtout, le commentateur n’est jamais loin d’une tentative de compléter le texte qu’il interprète, tandis que l’écrivain ne réécrit jamais un texte sans se prononcer, au moins implicitement, sur sa signification et son statut. On abordera ces questions en lisant en parallèle une série de commentaires et de réécritures de l’épisode de Circé, au chant X de l’Odyssée.' - Au programme, lecture conseillée de l'Odyssée.

Vendredi 14h - 16h: Le fantastique: Pouchkine et Mérimée (UFR de Littérature générale et comparée)
'Durant plusieurs années, Prosper Mérimée et Alexandre Pouchkine mènent un dialogue
intense. Ils se lisent l’un l’autre, traduisent mutuellement leurs oeuvres, les nalysent et les réécrivent. L’écrivain français et l’écrivian russe traitent les mêmes sujets : la joute avec une statue animée, l’amour inferanl, le jeu avec le destin. L’exploitaion des mythes litéraires, le jeu intertextuel et ironique trandforment les oeuvres en métafictions, réflexion sur les possibilités narratives.' - Au programme, La dame de pique et Le convive de pierre de Pouchkine, et La Vénus d'Ille, Lokis et Les Âmes du Purgatoire de Mérimée.

sous son casque sache que youri sourit

14 septembre 2006

Fuck You, Square Victoria


Fuck You, Square Victoria, originally uploaded by eric.


Mon dieu que ça fait du bien de dire ça.

(Pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, le métro Square-Victoria à Montréal a une porte de métro semblable à celle-ci, que la ville de Montréal a reçu de Paris pour commémorer je ne sais trop quelle occasion. Enfin. Ici, c'est le real shit.
since i left you, i found a world so new

L'UNEF et moi

Mardi a été une journée plutôt normale. Marché, marché, marché... Pas un très beau coin, quand on y pense.

Mercredi, journée plus... mouvementée. Je suis invité à une AG de l'UNEFUNEF, un des syndicats étudiants de l'Université.

J'explique un peu le fonctionnement des choses, ici. (Warning, boring stuff ahead.)

Les étudiants, ici, ne sont pas représentés d'office par une association étudiante, comme au Québec. Il y a, pour ce faire, des syndicats étudiants, basés sur le même modèle que des syndicats de travailleurs, qui se sont créés vers la fin des années '60. Ces syndicats, nationaux, ont des branches dans toutes les facs de France, mais aucun d'eux n'a l'exclusivité sur un quelconque territoire (par exemple, à l'UdeM, c'est la FAÉCUM qui représente tous les étudiants, par défaut, et personne d'autre ne peut le faire). Il n'y a pas, non plus, d'asso départementale (ou facultaire): l'UFR de Lettres, par exemple, n'est représentée nulle part, pas plus que n'importe quelle UFR. Il y a donc plusieurs syndicats sur le campus, avec leurs postes internes, et ils proposent des candidats aux différents postes étudiants de l'administration universitaire: par exemple, le poste de vice-président étudiant (un étudiant qui siège au CA et qui a donc voix au chapitre sur toutes les décisions de l'Université, au même titre que tous les vice-présidents du campus, que ce soit à l'administration, aux relations internationales ,...) appartient cette année à l'UNEF, mais auparavant c'était la CÉ (je ne me rappelle plus ce que l'acronyme veut dire) qui l'avait.

J'me suis rendu à l'AG, pour me rendre compte que nous étions treize. Sur 20 000 étudiants. Sur ces treize, trois faisaient partie de l'exécutif de l'UNEF à Paris-3, et deux faisaient partie de l'exécutif national de l'UNEF. Il restait donc moi, quatre personnes qui sont restées silencieuses tout le long de la réunion, et trois ultra-gauchistes finis.

Ultra-gauchistes, comme dans 'appliquons le communisme au niveau national, maintenant'. À côté d'eux, la CALESH est modérée. (Ceux qui ne connaissent pas la CALESH, soyez bénis.)

Je prends la parole à quelques reprises pour tenter de modérer les discours et proposer des solutions pratiques et plausibles, plutôt que de belles idées théoriques qui n'arriveront jamais, et qui sont même trop incroyables pour être des bases de négociation qui ne feront pas éclater de rire le gouvernement.

Après cette AG, je me fais accoster par le mec du national de l'UNEF, qui veut me parler pour avoir des éclaircissements sur le fonctionnement, au Québec, des associations étudiantes. Nous décidons d'aller en jaser devant un café, où nous sommes rejoints rapidement par sa collègue au niveau local, puis par deux autres personnes du national. Nous allons donc nous trouver un resto pas trop cher, dans le coin de la place de la Contrescarpe.

Malheur, le resto devient un karaoké après huit heures. Après avoir supporté tant bien que mal un viel italien (imaginez Dino Tavarone mélangé avec Marcel Leboeuf, c'est grave) chanter Losing My Religion et une grosse arabe beugler Call Me de Blondie, il est grand temps d'aller trouver de l'alcool. Maintenant.

Je propose, vu que tout le monde semble fasciné par ma culture, d'aller au pub L'envol québécois situé à deux pas. Mouvements acquiescants de tous. Allons-y.

Je n'ai jamais été aussi heureux d'entendre Stefie Shock dans un bar.

En fait, quand nous sommes rentrés, c'était Break Syndical qui jouait, mais après deux chansons ce fut au tour de Stéphane Caron de se faire aller l'homme à la mer pour chaque fille amère. Avec une bonne Fin du Monde, c'était bien agréable.

Jusqu'à ce que je voie que toute la production Unibroue est à 9€ pièce.

Faites le calcul. On s'en reparle.

salut chantal(e)

12 septembre 2006

Nadia, ou comment se guérir du mal du pays en trois étapes faciles

Chouette journée lundi, alors que je suis allé rencontrer pour luncher la collègue Nadia, elle aussi émigrée de l'UdeM à Paris-III, mais elle est venue ici histoire de faire sa maîtrise et d'être avec son chum, qui a un emploi ici.

On a commencé par aller bouffer chez Hippopotamus, histoire de se restaurer un brin. Et quelle restauration ce fut! Leurs ribs sont toujours aussi délicieuses que dans ma mémoire, et la brochette de Nad avait l'air foutrement appétissante. Hippopotamus, pour ceux qui ne le savent pas, c'est un peu ce que ça donnerait si Bâton Rouge avait pris le même chemin que St-Hubert... des bonnes grillades, pas trop chères.

Pas trop cher, faut s'entendre: on s'en tire à 20€... Faut comprendre qu'à Paris, dès qu'on sort du fast-food, faut compter environ ça, 20€. Y'a même pas de resto cheapo style Pacini ou Giorgio, mettons, où tu peux aller te remplir pour $15. Si c'est pas des burgers dans une boîte de carton, c'est 20€ - plus ou moins 3€, mettons.

Alors faut vraiment arrêter de faire la conversion en dollars canadiens dès qu'on met les pieds à Paris, sinon on a l'impression de se faire arnaquer à chaque coin de rue: des ribs pour $30?! Ben oui...

Après s'êtres bourrés la face comme des vrais carnivores, on s'est promenés dans le coin... et c'est un beau coin. Ça s'adonne que ce sera aussi le coin que je vais habiter dès le 21, alors j'suis bien content. On a marché, jusqu'à ce qu'on tombe sur l'église Saint-Denis.

Je ne sais pas, pour ceux qui lisent ceci et qui étaient en etfra à l'UdeM, si vous vous rappelez du cours de littérature et peinture avec popo, en FRA1000/1003 - il nous avait fait étudier la Lutte de Jacob avec l'Ange de Delacroix - eh ben on est allés la voir, tout nostalgiquement, en pensant à notre première année de bac. Beau moment.

Déniché aussi un Ben & Jerry's - rien de mieux qu'une boule de Cherry Garcia pour se remettre sur le piton. Ensuite, on a passé un peu de temps dans son superbe appart à jaser de tout et de rien. De quoi me guérir du mal du pays assez rapidement.

mes amis, amici, amigos and friends

11 septembre 2006

Fin de semaine

La fin de semaine a été plutôt relaxe... Faut dire que je me sentais un peu comme c'te van-là... (D'ailleurs, je vous fais remarquer la quantité incroyable de contraventions sur le pare-brise... elle doit être là depuis un bout.) J'ai eu un gros cas de mal du pays: mais vous me connaissez, vous savez que j'suis quasiment jamais tout seul. J'ai besoin de monde. Et, ben, ici, j'en ai pas, de monde.

Alors j'ai passé toute la semaine, complètement seul, dans un pays étranger (bon, pas tant que ça, mais quand même) à n'adresser la parole qu'à des commerçants ou des bureaucrates... c'est assez pour rendre emo le plus heureux des louveteaux.

J'ai donc préféré me ballader un peu, aller voir à Notre-Dame si j'y étais. Mais même ça, ça ne m'a pas vraiment aidé. Alors je suis rentré chez moi, après avoir pris une bonne marche sur les bords de la Seine. J'ai fait ça pas mal, cette fin de semaine.

Je réalise que je ne vous ai jamais parlé de mon appartement. Faudra que je vous en glisse un mot, un de ces quatre.

Enfin, pour ceux qui s'inquiètent, j'ai pris contact lundi avec une fille qui allait à l'UdeM avec moi (salut Nad!)... On s'est fixés un rendez-vous pour le lendemain. J'en parlerai un autre jour, mais disons que je suis incroyablement moins emo qu'il y a quelques jours.

i guess we'll just have to adjust

08 septembre 2006

Journée de relaxation, aka Des heures de plaisir avec la bureaucratie #3

Aujourd'hui je suis allé me ballader dans les jardis parisiens et j'ai joué à cache-cache avec des écureuils, pour ensuite me faire un joli petit pique-nique avec une baguette, un morceau de foie gras et une demi-bouteille de rosé.

J'vous ai eus, hein?

Non. Aujourd'hui c'était la journée où je devais avoir ma carte étudiante. C'était pourtant simple: on m'avait dit qu'elle serait disponible 'vendredi matin'. Je me réveille en retard, bicose que j'ai bu un peu jeudi soir...

Je dois aussi passer au bureau de poste, car une de mes UFR me demande une enveloppe préaffranchie, je ne sais trop pourquoi.

J'arrive au bureau de poste, et je vois 'Accueil, vente d'enveloppes et de timbres' - ah, pratique. Il faut savoir que la poste, ici, est aussi une banque, gérée par l'État. Il y a donc, comme dans chaque banque, une longue file d'attente pour les gens qui ont peur des guichets automatiques. Ça ne me tente pas particulièrement d'attendre, alors je reste à l'accueil, qui est présentement vide.

Cinq minutes passent.

Personne à l'accueil.

Cinq autres minutes. Une dame vient au bureau d'accueil, passe à l'arrière, et va pour repartir. Je l'arrête. "Je voudrais acheter une enveloppe", dis-je, l'air contrit. Elle me répond "Il va falloir faire la file, aujourd'hui je ne vends pas, je ne fais que l'accueil."

Bullshit que tu fais l'accueil, ça fait dix minutes que j'suis ici pis c'est la première fois que je te vois, vieille peau.

"Mais c'est seulement pour une enveloppe..." supplie-je. Renversement de situation incroyable, elle décide d'être sympathique et d'aller me trouver l'enveloppe préaffranchie dont j'ai besoin, même si elle n'est pas supposée. Je crois maintenant comprendre pourquoi les cieux étaient rouge sang ce matin: une fonctionnaire française outrepasse ses fonctions de base. Inouï. Deux minutes après, enveloppe en main, je quitte la Poste.

Il est 10h30. Je panique et je me dirige vers l'université en courant, sachant que les heures de dîner approchent (les heures de lunch sont en moyenne de 11h à 14h).

J'arrive à l'uni à 11h, et je demande à la charmante dame à l'accueil où aller pour récupérer ma carte étudiante. Elle me dirige au bureau 9. Je m'empresse donc d'y aller.

Au bureau 9, la dame me répond par, non pas "Bonjour!" mais bien "Je ne donne pas d'informations. Si vous n'avez pas le papier jaune, je ne peux rien faire pour vous." Hmm, ça part bien. Je lui expose mon cas: "Je viens récupérer ma carte étudiante, on m'a dit que ce serait ici." Elle me répond d'aller au bureau 5, "oui, celui où y'a du monde." Effectivement, le bureau 5 possède une file d'attente qui ferait rougir d'envie un concert des Stones.

Vous me connaissez, et savez que je ne suis pas le genre de gars à attendre pour rien. Je me pointe donc au bureau des étudiants internationaux, plutôt que d'attendre pendant huit ans devant le bureau 5. Que vois-je devant le bureau des internationaux? "La carte étudiante sera remise ici, vendredi à 14h."

Yé.

D'un côté, j'ai couru pour rien. De l'autre, j'ai pas à me farcir la file d'attente du bureau 5. Je suis donc mi-heureux, mi-en crisse. Joe-ambigü, comme on dit.

J'ai donc trois heures à tuer. J'vais me taper un panini, plutôt savoureux, chez les grecs à côté de l'uni. Je me ballade un peu, retourne au Starbucks, puis je me redirige vers l'université, en me disant que cette fois-ci serait la bonne.

Et, contre toute attente, elle l'a été.

Après une toute petite attente de cinq minutes, me voilà avec un beau papier jaune me donnant droit à ma carte étudiante. Oui, le fameux papier jaune. Je me dis donc machiavéliquement que la petite madame du bureau 9 de tantôt va prendre son air en tabarnak.

Je me retrouve au bureau 9. Elle me voit rentrer, et son air bête se multiplie. Moi, j'ai un grand sourire aux lèvres. "C'est pour la carte étudiante." "Vous avez le papier jaune?", dit-elle d'un air dubitatif. "Mais oui, le voici." Tout sourire, je la vois devenir mauve. Elle me sort ma carte étudiante, l'air défait.

J'ai gagné contre la bureaucratie.

Il faut maintenant que je passe à tous les bureaux de mes UFR pour leur donner mon numéro d'étudiant. Je commence par l'endroit avec l'enveloppe, pas de problème, tout est réglo. Je vais ensuite à l'UFR de lettres, ceux qui m'avaient donné des maux de tête à plusieurs reprises mercredi, et je leur donne mon numéro. Ils sont heureux. L'UFR de littérature générale et comparée, là où j'ai quatre cours, est ma dernière destination. J'annonce ma situation, rapidement, et le gars me regarde et dit "Éric Samson, c'est ça?" Abasourdi, j'acquiesce. Il va chercher ma fiche, note mon numéro dessus, et me souhaite une bonne journée.

Il est quatre heures, je rentre à la maison.

well i told you, but i thought you'd know

Jeudi

Je suis allé me promener en ville - trouvé un autre Starbuck's, pris un café. Ça fait une moyenne d'un café par trois jours. Ceux qui me connaissent trouveront ça affolant.

Moi aussi.

J'me suis acheté plein de livres, aussi: j'ai trouvé une gigantesque librairie d'usagé, et j'me suis gâté. Je complète tranquillement ma collection de Guiberts (il m'en manque moins de vingt, maintenant), et je me découvre une passion pour les romans de San-Antonio (merci Noémi!).

En revenant à l'appart, une fenêtre d'un troisième étage un peu avant mon building claironnait haut et fort à quiconque voulait l'entendre de faire attention, qu'un chanteur allait nous faire une chanson dont le sujet serait ambitieux, car de son image il est soucieux... Ça m'a fait beaucoup de bien. Énormément.

De retour à l'appart, je me claque une petite bouffe rapide, et je sors prendre une bière: direction, La Fourmi, petit bar chouette à un coin de rue de la Place Pigalle. J'y entre, m'allume une clope, commande. 'Une pinte de Stella'.

La gaffe.

Premièrement, ça a pris cinq minutes avant que le gars vienne vers moi.

Deuxièmement, la première chose qu'il me dit après c'est "ça va prendre quelques minutes, j'ai plus de verres". D'ac, j'suis pas pressé.

Dix minutes plus tard, toujours pas d'alcool dans mes mains. Je m'impatiente.

Finalement, ça a pris quinze minutes pour avoir ma bière. Et pour ce qui est d'une pinte, on en reparlera: trois quarts de bière, un quart de broue. Barnak.

Mais, comble de bonheur. Alors que je suis debout, accoté, en sirotant ma bière, clope à la main, je manque de la poser (probablement très douloureusement) dans l'oeil d'un client.

Un petit mec de 3 pieds, à peine, s'excuse et part retrouver sa table. Un nain! J'vous dit, j'étais debout, le bras le long du corps, et ma clope arrivait à sa tête!

Et ce qu'il y a de plus, c'est que ce nain-là est accompagné de deux naines, à sa table, dont une de dimensions aussi pygméennes que lui! Incroyable!

J'ai fini ma bière le coeur ravigoté par cette vision joyeuse, et je m'en suis retourné.

j'ai la liste des choses qui sont pas graves

07 septembre 2006

J'adore...

Vivent les terrasses parisiennes et leur Wi-Fi. Il n'y en a pas tellement, de Wi-Fi, ici - souvent il est payant, genre 1€50 de l'heure - mais il y a souvent un resto dans le coin qui l'offre gratuitement - suffit de le trouver, de s'installer à la terrasse d'à côté, moins chère, et le tour est joué.

Mais, bon, je ne vais pas écrire un article sur ce blogue seulement pour dire que j'aime l'internet sans fil, ça vous le savez déjà. Alors voici une petite observation, qui ne mériterait pas en soi un article complet, mais vu que j'ai besoin de contenu, je vous la livre.

Pour un pays qui a inventé la lingerie, les soutien-gorges se font plutôt rares, ici. Vous seriez surpris.

c'est un nom composé

Des heures de plaisir avec la bureaucratie #2: le choix de cours

Cet article va être assez long, surtout parce qu'il demande pas mal de mise en scène.

Il faut d'abord que vous compreniez le principe des unités de cours, en France. L'Université est divisée en UFR (Unité de Formation et de Recherche), l'équivalement des départements à Montréal. Chaque UFR a son mode de fonctionnement propre.

La Licence (aka Bac, chez nous) est de trois ans et est divisée en 6 semestres. Chaque semestre, les étudiants on cinq cours obligatoires, dictés par l'UFR, et peuvent choisir un cours en UE Libre (Unité d'Enseignement) - ce que nous appelons les cours à option. Ces cours sont petits (de 15 à 25 étudiants de maximum) et offerts au premier-arrivé premier-servi. Tous les cours sont d'une durée d'une heure trente ou deux heures.

Le système d'équivalences mis en place par l'UdeM demande de faire en sorte que chaque crédit pris dans l'université d'accueil soit justifié par un cours au programme. En gros, pour moi, ce que ça implique c'est que je dois choisir deux cours et les faire créditer à l'UdeM comme un seul. Par exemple, le cours de Littérature et Cinéma, plus le cours de Littérature et Photographie, me seront comptés comme étant le cours La Littérature et les autres arts, à Montréal.

Vous voyez le topo. Évidemment, je ne peux pas prendre des cours dans la section 'obligatoire' du bac, parce qu'ils demandent tous d'avoir déjà suivi les précédents, ce que je n'ai pas fait. Et je file plus ou moins pour demander des équivalences à mes cours de l'UdeM. Less bureaucracy = a happy me.

Maintenant imaginez-vous que les ordis n'existent pas, et que les choix de cours doivent être faits manuellement, avec des papiers. Jusqu'ici, ça passe encore. Mais quand il faut aller à trois bureaux différents (car je prends des cours dans trois UFR - Médiatisation de la culture, Lettres et Littérature comparée) et qu'à chaque endroit il faut voir trois secrétaires parce qu'on est "étudiant étranger par convention internationale", qu'on n'a pas notre carte étudiante parce que le bureau prend quatre jours pour l'émettre, qu'il faut revenir après le lunch (qui est de midi à quatorze heures) pour rencontrer une secrétaire qui n'est pas là le matin, et qu'il faut aussi trouver une machine à photo pour fournir une photo d'identité, ...

Quand je dis trois secrétaires par endroit, je n'exagère même pas. Je n'exagère pas non plus quand je dis que le prochain roman de Stephen King sera Choix de cours à Paris III. L'horreur sans nom. J'vous dis, j'aurais eu le temps de ramasser trois cent vingt laissez-passer A-38 avant de finir mes choix de cours.

C'est en Lettres que ça a été le pire. J'suis venu, j'ai fait mon choix de cours, et à la fin, le gars me demande tel papier, je lui donne, il dit "ah non ça j'sais pas, quoi" et m'envoie voir une madame, puis une autre madame, qui me dit de revenir après le lunch (eh oui, c'est là) voir une autre madame qui y sera. Il est 11h20. À 14h, l'autre conne n'a aucune idée, me renvoie au premier gars de tantôt - entre temps un de mes cours s'est rempli (Cinéma et littérature, tabarnak), et il sait toujours pas quoi faire. Il va chercher les deux madames de tantôt, qui sont tout à fait inutiles elles aussi. Y'en a même une qui m'a dit de revenir vendredi dans deux semaines (le 15). Fuck you.

J'suis passé au travers du désert, j'ai survécu à la mort, j'ai combattu des cerbères, des hydres et des gros bonzhommes en marshmallow, mais j'ai jamais rien connu de tel.



Pour les ceuzes qui s'inquiètent pour moi, all in all, j'ai eu pas mal les cours que je voulais. J'vous ferai la liste un autre jour.

cette ville va me rendre complètement fou

06 septembre 2006

Drôle de journée

Drôle de journée aujourd'hui. Première journée sans valise, en vrai parisien. Bon, je connais pas tant de vrais parisiens qui marchent sur les quais de la Seine en écoutant du Caféïne, mais, you know, c'est l'esprit qui compte. Semble-t-il que les vrais parisiens préfèrent peinturer leur péniche plutôt que d'écouter l'excellent album qu'est Gisèle. Comme disent les portuguais, it's their loss.

Drôle de journée aussi parce qu'en tant que vrai parisien, je n'ai rien fait de vraiment français... OK, à part acheter du vin. En fait, j'ai fait plein de choses françaises, mais vu que ce n'est pas américain, ce n'est définitivement pas typique des parisiens normaux.

J'ai mangé du fast-food, certes, mais c'était une chaîne française, alors il y avait pas tant de monde. D'ailleurs, Quick a la brillante idée de mettre à la vue des clients les infos nutritionnelles de leur bouffe, ce qui est probablement beaucoup plus démoniak que leur burger au bacon. Quoi que, je dois l'admettre, le pain rouge, c'est une très bonne idée marketing.

J'ai aussi acheté de la musique, aujourd'hui - de la musique française non-rap, alors encore une fois totalement atypique. À la fnac, j'ai déniché Paris Calling, un petit CD-compil de "la nouvelle scène rock parisienne, pour la première fois sur disque". Vous me connaissez, si c'est nouveau et que ça a l'air bon, j'prends la chance. J'ai pas encore écouté, mais ptêt bien que vous allez entendre jouer ce CD-là à CISM dans pas trop longtemps.

J'ai aussi pris un café. Un vrai. Comme prévu, il ne s'en trouve que chez Starbucks, d'où je vous écris donc. Pour vrai, il ne semble exister nulle part où un quidam de ma trempe pourrait acheter un café-filtre. Le plus près semble être l'américain, mais ce n'est qu'un espresso allongé, qui peine à remplir une demi-tasse. Une demi-tasse d'amertume et de regret. Je ne sais pas - peut-être les gens s'en font-ils chez eux? Je n'en sais rien, mais une chose est sure: ce ne sont certainement pas les établissements de café qui le font pour eux.

En fait, j'ai profité de cette journée officiellement annoncée comme une journée de récupération-décalage-horaire pour terminer mon installation comme résident semi-permanent (et non plus simple touriste): j'ai acheté ma passe mensuelle de métro (à un joli €52,50, ce qui est légèrement plus cher que la CAM, mais couvre les fucking SEIZE lignes de métro de Paris) je me suis acheté un cellulaire, le mien ne fonctionnant guère hors des Colonies (vous pouvez m'appeler, en cas d'urgence seulement, en composant le numéro 011 33 6 75 38 53 10. Il est à la carte, alors c'est vraiment mieux d'être important. Merci.)

D'ailleurs, parlant de manières de me rejoindre, je vous annonce que vous pouvez maintenant me parler sur Skype, en utilisant le petit bouton à droite, qui ressemble à ceci:My status. Skype est, pour les non-geeks, un programme gratuit permettant de parler via internet, à n'importe qui (tant qu'il ou elle possède le programme) gratuitement, et à absolument n'importe qui, peu importe où, de votre ordi à un "vrai" téléphone, pour 2,4¢ par minute. En un mot, c'est très pratique, et je suis loggé dessus dès que je suis à l'ordi. N'hésitez pas à m'appeler si vous m'y voyez, là ça ne me coûte rien. Il faut cependant avoir téléchargé le logiciel.

call me baby anytime

05 septembre 2006

Quoi?

Après avoir traîné ma valise de 25 kilos toute la journée, aujourd'hui je vous annonce que je suis raqué des doigts.

WTF?

j'travaille pas dans l'beurre

Arrivé, content et fucking fatigué

Aterrissage réussi, une demi-heure d'avance, tout baigne. Le vol a été sans incident, et je demeure ahuri qu'on puisse franchir 5529km en seulement 6 heures et demie. Ça fait quand même plus de 850km/h, tout ça, à moins que je me gourre.

J'aterris donc à midi trente, heure de Paris. Le temps de passer les contrôles de passeport et les douanes (ha! une étampe dans le passeport après un regard d'une demi-seconde, et même pas de douanier - mon cidre de glace est passé sans coup férir) et je me grille une clope bien méritée.

Je fraternise un brin avec mes collègues de l'OFQJ, pauvres types comme moi qui viennent voir dans les vieux pays si ils y seraient pas. Aucun d'eux n'a trouvé son appart, encore. Ils me trouvent admirables. Je vous avais bien dit que c'étaient des pauvres types.

Après un petit tour d'autobus (l'autobus S? Non. Pas de chapeau à ruban tressé ici. Points bonis à quiconque trouvera cette référence), nous sommes attablés devant un petit déjeûner léger: croissants, chocolatines, brie et baguettes, le kit, quoi. La bouffe d'Air Transat faisant tout à fait honneur aux standards de la nourriture aéroportée, nous mangeons goulûment.

(Sérieux, c'est fou, mais je pense que c'est l'altitude qui rend la bouffe infecte: même le Pepsi goûtait la merde.)

Il est maintenant 14h30, je dois partir pour aller rejoindre Charlène, la fille qui me loue l'appart sur Montmartre. On a rendez-vous à 15h30.

Le métro de Paris est moins efficace qu'il n'en a l'air. J'arrive à 15h45, point de Charlène en vue. J'attends jusqu'à 16h45, puis j'appelle. En fait, je dois acheter une carte de téléphone, mon cellulaire ne fonctionnant point hors-North America.

Je finis par la rejoindre, et j'apprends la raison de son invisibilité: elle travaille. "Je bosse jusqu'à 20h30" me dit-elle. On se donne donc rendez-vous à 20h30 dans un café du coin.

Ce qui veut dire que je vous écris, non pas de mon coquet chez-moi (d'ailleurs, quand on parle de Paris, ne dit-on pas qu'on y a un 'pied-à-terre'?) mais d'un sympathique resto à côté dudit café, le Grand Corona. Je viens de me taper ma première bouffe correcte depuis le souper d'hier. Mais quelle bouffe! Magret de canard, chutney de melon et pommes de terre purée maison... et comme dessert, une crème brûlée citron et agrumes. Menoum.

En plus, on peut fumer dans les restos, ici. J'capote.

teeeerneneerneneerh, teeeerneneerneneerh, teh-tehneer neeeeeer

04 septembre 2006

Énervé

J'suis maintenant dans l'aéroport, j'ai vue imprenable sur le monstre de métal qui va me transporter de l'autre bord du gros lac qui séparait jadis les succursales de leur maison-mère.

J'ai jamais été aussi énervé de ma vie. J'ai peut-être fumé quatre clopes en cinq minutes avant de passer les douanes. La prochaine que je vais voir, ça va être sur un autre fucking continent.

Yee-haw, les boys, c'est parti.

there's no sensation to compare with this

03 septembre 2006

C'est là, là

Bon. Les adieux sont faits, tout est dit. Je pars, aujourd'hui.

Je viens de me réveiller, et je sais que la journée va être frénétique. Je prends deux minutes pour respirer, avant de commencer cette course folle qui va m'amener de l'autre côté de l'Atlantique.

Est-ce que je tourne une nouvelle page de ma vie? Est-ce qu'aujourd'hui est le jour où je deviens vraiment quelqu'un, où je prends le contrôle de ma destinée? J'pense pas. Je pense que ça va être vraiment génial là-bas, bien sûr.

Mais je ne crois pas que ça va me changer. Je pense revenir de Paris le même. Chargé d'histoire(s) et d'images, mais la même personne.


La prochaine fois que je réécris ici, c'est dans l'avion, ou en France.

Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

c'est loin en titi